Réalisateur des trois premiers volets de la saga « Pirates des Caraïbes », Gore Verbinski revient au cinéma, neuf ans après la sortie du thriller horrifique « A Cure for Life ». Avec le film de science-fiction déjanté « Good Luck, Have Fun, Don’t Die ».
Ça parle de quoi ?
Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?
Bonne chance pour avoir de la chance
Depuis plusieurs années, les rumeurs autour d’un nouvel opus de la saga Pirates des Caraïbes ne concernent que la présence ou l’absence de Johnny Depp au casting, mais jamais le nom de Gore Verbinski n’est évoqué alors qu’il a joué un rôle majeur dans la réussite des trois premiers volets de la franchise d’aventures, sortis entre 2003 et 2007. Peut-être parce que le réalisateur paye encore les échecs de Lone Ranger et l’horrifique A Cure for Life, pourtant produit pour 40 millions de dollars mais qui n’en a rapporté que 26 dans le monde.
Ajoutez à cela une réputation de réalisateur aux idées coûteuses, refusant au maximum l’usage de trucages numériques, et vous comprendrez pourquoi neuf années se sont écoulées entre les sorties d’A Cure for Life et Good Luck, Have Fun, Don’t Die, co-production américano-germanique née dans le giron indépendant pour 20 petits millions de dollars. Ce qui ne se voit pas forcément à l’écran, tant cette histoire de voyage dans le temps sur fond d’apocalypse imminente ne manque pas d’ambition visuelle et narrative, avec des flashbacks qui permettent d’explorer le passé des personnages et leur rapport à la technologie, donc à l’intelligence artificielle qui menace le monde à court terme.
Metropolitan FilmExport
Dans ses premiers instants, l’ensemble frôle le discours de boomer dans sa vision de professeurs confrontés à des élèves accro à leurs portables, mais Gore Verbinski et son scénariste Matthew Robinson rectifient vite le tir, en élargissant le champ d’action de cet opus porté par l’énergie du toujours génial Sam Rockwell, et qui convoque Terminator, Matrix et Retour vers le futur sans ressembler à une vague copie peu inspirée, qui aurait atténué son discours, simple mais efficace sur la place de l’intelligence artificielle dans le monde actuel.
Et à Hollywood, donnant à ce onzième long métrage des allures d’autoportrait d’un artiste en marge, inquiet face à certaines dérives qu’il évoque dans une grande aventure tour à tour délirante, inquiétante et jubilatoire (parfois les trois en même temps), qui n’hésite pas à verser dans l’humour très noir ou le délire le plus complet, voire flirter avec l’horreur, pour renouer avec la science-fiction comme miroir des peurs de l’époque de sa création. A ceci près que, par rapport à un Terminator en 1984, les angoisses qu’il aborde sont beaucoup plus tangibles et quotidiennes.
Délirant, inquiétant, jubilatoire
Passé par le dernier film de Berlin et porté par un joli casting au sein duquel Sam Rockwell est entouré par Zazie Beetz, Michael Pena, Juno Temple ou Haley Lu Richardson, qui incarne le coeur battant de ce récit, Good Luck, Have Fun, Don’t Die est à l’image de son titre : foisonnant, étonnant, parfois imprévisible. Et il nous prouve que la carrière et le talent visuel de son réalisateur sont loin d’être morts, en n’oubliant pas de donner une place de choix au fun, si bien qu’on espère avoir la chance de le retrouver au cinéma sous peu. Dans moins de neuf ans en tout cas.
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Source:
www.allocine.fr




