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« De Néron à Trump, de la chute du denier romain au déclin de l’empire dollar »

Une inquiétude croissante entoure le statut du dollar comme monnaie internationale. Certains lui prédisent un destin comparable à celui de la livre sterling, qui occupait autrefois cette position. Mais on peut aussi établir un parallèle avec une monnaie internationale bien plus ancienne : le denier d’argent de la Rome antique, souvent considéré comme la première véritable devise mondiale. Les archéologues en ont retrouvé des traces jusque dans les confins de la Chine.

L’unification politique du bassin méditerranéen sous la domination romaine a encouragé le commerce. Cette activité, réglementée par des fonctionnaires et soutenue par l’armée, a été facilitée par la mise à disposition d’une monnaie dont la frappe était contrôlée par le Sénat. Pendant trois siècles, la teneur en argent du denier est restée constante, inspirant confiance et facilitant les échanges. Par un jeu de compensations, il était possible d’éviter le transport d’or ou d’argent : la monnaie a commencé à se transformer en crédit, anticipant les marchés financiers modernes.

Les fondements d’une monnaie internationale étaient réunis : qualité, puissance commerciale, système financier sophistiqué, équilibre des pouvoirs politiques et sécurité géopolitique pour l’émetteur. Puis l’Etat romain est devenu plus bureaucratique. Les traditions démocratiques de la République, qui permettaient au Sénat de prévenir une émission monétaire excessive, ont cédé la place à un régime autocratique, marqué par des caprices impériaux, y compris en matière monétaire.

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L’Etat de droit s’est affaibli et la corruption s’est généralisée, la propriété se concentrant de plus en plus entre les mains de ceux qui avaient des relations politiques. L’approvisionnement d’une grande armée exigeait de prélever des impôts qui absorbaient jusqu’à un tiers des revenus de Rome, sapant ainsi les activités commerciales de l’empire. Les impôts élevés encourageaient l’évasion fiscale de la part des grands propriétaires terriens.

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Source:

www.lemonde.fr

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