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Prix des carburants : "Très mauvaise idée", "insupportable"… Les patrons de la grande distribution demandent l'abandon du projet d'encadrement des marges

Selon les patrons de plusieurs grands groupes de supermarchés, ce projet du gouvernement « n’aurait pas d’effet » à la pompe.


Publié le 15/04/2026 09:16



Mis à jour le 15/04/2026 09:37

Temps de lecture : 4min

Une pompe à essence. (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)

« C’est une très mauvaise idée ». Face à la grogne croissante des Français, dont la facture à la pompe s’est fortement alourdie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé, mardi 15 avril, envisager d’encadrer les marges des distributeurs sur les prix des carburants, tout en précisant que cette décision « n’est pas tranchée ». Mais cette idée ne convient pas du tout aux patrons de la grande distribution, qui estime qu’elle « n’aurait pas d’effet » à la pompe.

La réponse des principaux intéressés a été immédiate : c’est « une usine à gaz qui ne nous permet même pas de savoir où on va », a déploré, mardi soir, Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5 800 stations-service traditionnelles (hors grandes surfaces). « J’ai un grand doute qu’il y ait un réel intérêt consommateur », a-t-il ajouté.

Mardi, la fédération du commerce et de la distribution a envoyé un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui faire part de son « opposition résolue » face au décret d’encadrement des prix de vente au détail des carburants.

Pour Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc, ce projet « n’est pas applicable ». Invité dans du « 20 heures » mardi, il précise : « On nous demande de lisser les hausses et de lisser les baisses, et à un moment ça nous fait vendre à perte ». Il propose également de suspendre les certificats d’énergie, ce qui reviendrait selon lui à une baisse ponctuelle « d’environ 15 centimes du litre ».

Sur franceinfo, mercredi, le président du groupement Les Mousquetaires / Intermarché, Thierry Cotillard a également taclé cette décision : « Ça devient insupportable de prendre des décisions dans l’urgence, sans concertation avec les acteurs économiques ».

Thierry Cotillard encaisse « très mal » cette mesure envisagée par le gouvernement. Selon lui, cette « décision ne va rien produire » et il dit comprendre « que les Français puissent se désintéresser de la politique » face à ce type d’annonce qui « tombe dans une caricature technocratique ».

« C’est une très mauvaise idée », a poursuivi, mercredi, sur France Inter, Dominique Schelcher, le PDG de Coopérative U : « On fait des marges symboliques, un, deux ou trois centimes », note-t-il. Surtout, « dans ces phases-là de tension, on gagne souvent encore moins car tout le monde veut avoir le prix le plus bas pour ne perdre ses clients », précise le PDG de Coopérative U. Cette mesure « n’aurait pas d’effet sur le prix des carburants, ou un très faible effet », explique Dominique Schelcher. « Le sujet n’est pas chez nous », explique-t-il, mais « chez les raffineurs ».

La Fédération du commerce et de la distribution dont fait partie Coopérative U fait donc « une contre-proposition », celle « de suspendre provisoirement les certificats d’économie d’énergie (CEE) qui financent la transition écologique », détaille Dominique Schelcher. Pour le PDG de Coopérative U, une suspension de « quelques mois » peut permettre une « baisse de 10 à 15 centimes ».

Quant à l’effet de cette hausse des prix des carburants sur le pouvoir d’achat des Français, Dominique Schelcher ne « note pas de changement significatif dans le caddie des consommateurs, d’autant plus qu’on sort de Pâques, une période où les gens consomment un peu plus ». « Il n’y a pas de déconsommation à date », assure-t-il. « Si elle devait venir, ce serait à partir de maintenant », précise le PDG de Coopérative U.

« Si la crise dure », il peut y avoir des effets sur les prix en général, reconnait-il, « parce qu’il y a un impact sur le pétrole mais aussi à terme, sur les engrais, sur le plastique, qui permet de fabriquer nos emballages ». « Si les chaînes d’approvisionnement ne se rétablissent pas rapidement, cela peut être compliqué », ajoute le PDG de Coopérative U.


Source:

www.franceinfo.fr

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