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Quatre questions sur le rachat de SFR par Bouygues Télécom, Orange et Free, après l'ouverture de négociations exclusives

La maison mère de SFR, Altice France, veut vendre ses activités pour éponger sa dette colossale. Les clients devraient être répartis entre les autres géants des télécoms, mais il reste de nombreuses étapes.


Publié le 17/04/2026 12:54

Temps de lecture : 5min

L’enseigne d’une boutique de l’opérateur SFR, à Paris, le 18 octobre 2025. (VALÉRIE DUBOIS / HANS LUCAS / AFP)

La France repassera-t-elle bientôt à trois opérateurs ? Le groupe Altice France, maison mère de SFR, est entré en négociations exclusives avec ses concurrents Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange pour la vente des activités de l’opérateur au carré rouge, selon un communiqué publié vendredi 17 avril. Avec plus de six millions de clients fixes et près de 19,5 millions de clients mobile, la vente à la découpe du numéro 2 historique du secteur attise l’appétit de ses concurrents. Franceinfo revient en quatre questions sur cette opération.

1 Pourquoi SFR risque-t-il d’être vendu ?

Le groupe Altice, propriété du milliardaire français Patrick Drahi, survit avec une dette abyssale. En octobre 2025, elle est passée de 24 milliards d’euros à 15,5 milliards, après une des opérations de restructuration financière les plus importantes jamais réalisées en Europe et un accord avec ses créanciers, qui ont obtenu 45% des parts du capital du groupe (Patrick Drahi conservant les 55% restants).

Ce plan de sauvegarde accélérée d’Altice France avait été combattu par les syndicats, qui craignent des conséquences importantes sur les emplois, mais a été approuvé début août par le tribunal des activités économiques de Paris. Pour renflouer ses caisses, Altice s’est déjà délesté d’autres actifs emblématiques, en vendant les chaînes BFMTV et RMC à l’armateur CMA CGM du milliardaire Rodolphe Saadé.

Les trois concurrents de SFR avaient déposé une première offre conjointe en octobre, pour 17 milliards d’euros, mais celle-ci avait été « immédiatement rejetée » par l’entreprise. Cette fois, la discussion « porte sur un montant total de 20,35 milliards d’euros de valeur d’entreprise pour les actifs considérés de Altice France », selon un communiqué commun des quatre opérateurs.

2 Quelles activités de SFR sont concernées ?

Le gâteau que vont se partager Bouygues Telecom, Iliad et Orange inclut « la plupart des actifs d’Altice France-SFR ». La plupart des activités « B2C » (à destination des particuliers) et « B2B » (clients professionnels) de SFR, que ce soit les abonnements box ou mobile, passeront sous la bannière d’un concurrent.

Mais toutes les activités d’Altice ne sont pas vendues à la découpe. Sont notamment exclues « les participations [de SFR] dans les sociétés ACS/Intelcia [service client], XP Fibre [opérateur d’infrastructure de fibre optique], UltraEdge [data centers] et Altice Technical Services ». « Les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer » sont également exclues du périmètre des négociations.

« La répartition du prix et de la valeur serait de l’ordre de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange », décrivent les quatre protagonistes. « Orange, pour une raison de position dominante, n’a pas la possibilité de prendre des actifs importants », analysait l’économiste Stéphane Dubreuil pour franceinfo en août.

3 Je suis client chez SFR, que va-t-il m’arriver ?

Il est encore tôt pour le dire. Les trois acheteurs « envisagent » pour le moment que « l’activité et la clientèle ‘B2C’ soit partagée entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange », mais sans répartition précise à ce stade.

Si vous êtes un client à titre professionnel (« B2B »), c’est un peu plus clair : ces activités de SFR seraient « exclusivement reprises par Bouygues Télécom », toujours d’après le communiqué commun. Mais tout dépend des termes du rachat qui seront effectivement validés par les quatre protagonistes.

Le rachat « ne changera rien pour les abonnés », anticipe vendredi sur franceinfo Renaud Kayanakis, expert des télécoms au sein du cabinet 2023 Conseil. « Leur nouvel opérateur est tenu de leur proposer le même niveau de service pour un prix équivalent ou inférieur, c’est dans les conditions d’utilisation », explique-t-il.

La marque SFR, elle, pourrait finir par disparaître, surtout si ses clients sont répartis entre les trois opérateurs, mais « l’intégration va prendre plusieurs années, donc dans un premier temps, les clients vont continuer à être gérés sur le réseau de SFR », prévoit Renaud Kayanakis. Surtout, « ce qui est positif, c’est qu’on va arrêter cette guerre des prix », prévoit le spécialiste : « les prix [des forfaits] sont déjà les plus bas en Europe » et « c’est au détriment des investissements sur les technologies futures », affirme l’expert.

4 Quand le rachat sera-t-il finalisé ?

Là aussi, l’incertitude demeure. « Altice France a octroyé une période d’exclusivité au Consortium jusqu’au 15 mai 2026 afin de finaliser les termes et la documentation de la transaction », explique le communiqué.

En cas d’accord des quatre opérateurs sur les termes du rachat, « l’opération sera soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel compétentes ». « Elle devra ensuite faire l’objet des autorisations réglementaires requises par les autorités compétentes, notamment au titre du contrôle des concentrations », pour faire respecter le droit de la concurrence. D’où cet appel à la prudence : « Il n’y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée. »


Source:

www.franceinfo.fr

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