Olivier Nakache et Eric Toledano signent un film à la fois générationnel et intime, qui nous fait voyager dans l’enfance, et dans les années 80.
Après avoir marié deux thèmes d’actualité (l’écologie et le surendettement) dans Une année difficile (2023) les deux réalisateurs d’Intouchable, de Hors normes, du Sens de la fête, ou encore de la série En thérapie reviennent avec un film intime et familial sur le passage de l’enfance à l’adolescence d’un garçon de 13 ans. Plongée dans les années 80, Juste une illusion, avec Camille Cottin et Louis Garrel, sort en salles le 15 avril.
1985, Vincent (Simon Boublil), 13 ans, vit avec ses parents, Yves et Sandrine (Louis Garrel et Camille Cottin), dans une cité de banlieue où cohabitent des familles de la classe moyenne. À la maison, l’ambiance est à la dispute entre le père (Louis Garrel), qui s’est fait licencier mais qui n’ose pas l’avouer à ses enfants, et sa mère (Camille Cottin), secrétaire, en pleine émancipation professionnelle.
Vincent doit aussi composer avec son grand frère Arnaud (Alexis Rosenstiehl), un ado fan de New Wave (alors que lui préfère la musique funk) qui ne lui laisse pas beaucoup de place dans la chambre qu’ils partagent. Né dans une famille juive originaire d’Afrique du Nord, Vincent, à l’approche de ses 13 ans, se prépare pour sa Bar-mitsva en même temps qu’il vit ses premiers émois amoureux.
Ce nouveau film d’Olivier Nakache et Eric Toledano, en forme de comédie à l’italienne, nous offre un retour réjouissant dans les années 80. Génériques de télé, premiers jeux vidéo, manifs de Touche pas à mon pote, valise RTL, sans oublier la belle playlist… Rien ne manque au tableau pour nous faire revivre (pour les plus vieux d’entre nous) ou découvrir (pour les autres) l’atmosphère de ces années qui paraissent d’un autre temps, coincées entre mai 68 et la Gen Z.
Le film brosse une peinture fidèle de l’époque, avec des décors, des costumes, et des accessoires mis en scène presque comme des clins d’œil. Mais au-delà, c’est aussi une mise en lumière de la sociologie de l’époque avec les débuts du chômage ou encore l’émancipation des femmes, que donne à voir le film.
Outre sa dimension générationnelle, Juste une illusion est un conte initiatique dans lequel Vincent passe le cap de l’enfance avec les questions (« Pourquoi on vit, et après on meurt ? ») et les émois que charrie cet âge plein de rêves et d’espoirs. On retrouve l’efficacité du duo de réalisateurs pour nous embarquer dans une histoire, nous faire rire ou faire surgir l’émotion là où on ne l’attend pas, dans une scène où le personnage incarné par Camille Cottin danse seule dans le salon, par exemple, ou bien la désamorcer pile au bon moment avec une bonne vanne, pour ne pas faire sombrer l’ambiance dans le pathos.
Le film est porté par un casting éclatant, une autre marque de fabrique des deux réalisateurs, qui savent comme personne créer l’alchimie et tirer le meilleur des comédiennes et comédiens qu’ils mettent en scène. Le jeune Simon Boublil (fils d’Elsa Boublil et de Philippe Torreton) fait de Vincent, ce garçon timide et maladroit, entre deux âges, un personnage aussi convaincant qu’attachant. Il est bien entouré, avec Alexis Rosenstiehl dans le rôle de son frère, par les jeunes acteurs de sa bande de copains et par la lumineuse Jeanne Lamartine, son amoureuse à l’écran.
Mention spéciale à Louis Garrel, tellement drôle et touchant dans la peau de ce père un peu coincé, un peu dépassé par les changements qui s’opèrent autour de lui, dans une société qui ne le reconnaît plus, lui, un « cadre ». L’acteur compose avec Camille Cottin un couple réjouissant, qui même s’ils se disputent beaucoup et qu’Yves est bousculé par cette femme libérée, sont toujours là l’un pour l’autre. Un personnage de père, aussi, ému par un fils qui sait aussi bien l’envoyer balader que lui rendre hommage.
Cerises sur le gâteau du casting, Pierre Lottin, grosse moustache et coupe mulet, faisant merveille dans le rôle du gardien de la résidence, pas si benêt qu’il n’y paraît, et une guest-star, qui s’est discrètement glissée dans le film. On vous laisse découvrir.
Ce dernier film du binôme est très bon cru, une performance pour ces deux réalisateurs qui se sont mis eux-mêmes mis la barre très haut avec des pépites comme Le Sens de la fête ou Nos jours heureux. Juste une illusion est un film d’époque qui transmet la tonalité joyeuse des années qu’il dépeint, et qui distille aussi, par l’évocation des premiers signes avant-coureurs de la crise, et par contraste avec un présent nettement plus sombre, une forme de mélancolie.
Genre : Comédie dramatiqueRéalisation : Olivier Nakache, Eric Toledano | Par Olivier Nakache, Eric ToledanoAvec : Louis Garrel, Camille Cottin, Simon Boublil, Pierre Lottin, Alexis RosenstiehlPays : FranceDurée : 1h54Sortie : 15 avril 2026Distributeur : Gaumont DistributionSynopsis : Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte, nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux. Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas “Juste une illusion…”
Source:
www.franceinfo.fr





