Né à La Réunion, Alain Moreau a porté pendant plus d’une décennie l’histoire qui est devenue celle d’Enchaînés. A 41 ans, le scénariste voit enfin cette évocation du passé colonial et esclavagiste de la France prendre corps pour être diffusée sur France 2, à une heure de grande écoute.
Vous portez ce projet depuis longtemps. Dans quelle mesure a-t-il joué un rôle dans votre désir de raconter des histoires, d’être scénariste ?
Mon envie de raconter des histoires est antérieure à ce projet, mais il est directement lié à ma professionnalisation. Voilà une dizaine d’années que je me suis lancé dans l’écriture, j’ai intégré la formation écriture de séries de la Fémis en 2018-2019, ce projet était mon travail de fin d’études.
Comment s’inscrit votre histoire familiale dans celle que vous racontez, celle de La Réunion au temps de la traite et de l’esclavage ?
Je ne peux pas dire si dans ma famille paternelle il y a eu des personnes qui ont possédé des exclaves… très certainement. Mon père a fait des recherches généalogiques et a trouvé la trace du premier ancêtre arrivé à l’île Bourbon au début du XVIIe siècle, un Moreau qui venait de l’ouest de la France, de ce qui est aujourd’hui la Loire-Atlantique. Du côté maternel, une cousine est remontée jusqu’à la dernière esclave connue, qui s’appelait Monique. Elle n’avait pas de nom de famille, les personnes réduites en esclavage n’en avaient pas. Elle est mentionnée dans des documents qui datent de l’abolition, en 1848, comme mère de ses enfants, sous ce seul nom – Monique. C’est l’histoire des Réunionnais.
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Source:
www.lemonde.fr





