« C’est un sujet d’inquiétude pour l’avenir des librairies », a reconnu Régine Hatchondo, présidente du Centre national du livre, lors de la présentation des résultats de l’étude consacrée aux pratiques de lecture des jeunes Français, âgés de 7 à 19 ans, réalisée par Ipsos/BVA.
En effet, parmi les questions posées aux 1500 personnes par l’entreprise de sondages se trouvent celles relatives aux modes de procuration des ouvrages, pour la cohorte de lecteurs et lectrices. Ainsi, 41 % des jeunes âgés de 7 à 19 ans déclarent acheter des livres au moins une fois par mois (- 4 points par rapport à 2024). Notons que cette acquisition peut être réalisée par les parents.
Internet reste un canal d’achat incontournable, puisqu’il représente environ 60 % des achats mentionnés, à travers Amazon, les sites d’achat de seconde main, comme Le Bon Coin ou Vinted, suivis par la seconde main spécifiquement (les sites d’achat de seconde main et les brocantes), avant la librairie.
Cette dernière se maintient, parmi les lieux d’achat, puisqu’elle est citée par 38 % des répondants âgés de 7 à 19 ans, gagnant même 3 points et talonnant ainsi Amazon (39 %, – 3 points). En tête, citées à 56 %, figurent les grandes surfaces culturelles, type Fnac, Espace Culturel Leclerc ou Cultura. Les hyper et supermarchés, eux, pointent en quatrième position (en baisse de 6 points), presque doublés par les sites d’achat de seconde main (en hausse de 4 points).
Si les niveaux d’achat sont encourageants, la fréquentation des jeunes en librairie, elle, connaît un important recul par rapport à 2024, de 7 points, selon l’enquête d’Ipsos/BVA. 26 % des jeunes interrogés seulement déclarent s’y rendre une fois par mois.
De nouvelles habitudes ?
L’une des explications à ce recul de la fréquentation des librairies pourrait être la réforme du pass Culture, qui avait provoqué un afflux massif de jeunes acheteurs au moment de sa concrétisation. Pourtant, il reste largement utilisé par ce public pour se procurer des lectures : 74 % des répondants ont acheté un ou plusieurs livres avec ces crédits, en hausse de 3 points.
Le panorama relève aussi la hausse des achats de livres d’occasion, commune aux jeunes et au reste de la population. 62 % des jeunes qui achètent des livres les achètent d’occasion, indique Ipsos/BVA – en réalité, 9 % les achètent toujours d’occasion, 53 % les achètent « parfois neufs, parfois d’occasion ».
On notera par ailleurs que, pour se procurer des lectures, les jeunes se tournent plus volontiers vers leurs parents, pour un achat ou un cadeau (74 %, +6 points par rapport à 2024). 68 % précisent que leur mère achète ces livres, et 39 % leur père, ce qui dénote une répartition assez genrée des dépenses pour des ouvrages. Dans 37 % des cas, d’autres membres de la famille offrent de nouvelles lectures.
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51 % des jeunes lecteurs se tournent vers la bibliothèque ou le CDI pour emprunter plutôt qu’acheter (+8 points par rapport à 2024), sachant que ces établissements connaissent eux aussi une baisse de leur fréquentation.
Finalement, seuls 31 % des jeunes réalisent eux-mêmes leurs achats de livres, en baisse de 2 points. Le repli du marché du livre, observé depuis quelques mois par l’industrie tout entière, n’est donc pas limité aux acheteurs adultes…
L’étude complète est accessible ci-dessous.
Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com
Source:
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