Ce think tank engagé pour la décarbonation de l’économie a publié mardi un plan détaillant des idées de mesures dans différents secteurs.
Publié le 14/04/2026 13:40
Mis à jour le 14/04/2026 13:42
Temps de lecture : 3min
Atteindre la neutralité carbone en 2050, « c’est encore possible, si on réussit les 20 chantiers qu’on a listés », affirme mardi 14 avril sur franceinfo Clément Caudron, chef de projet pour The Shift Project, après la publication mardi 14 avril du « Plan robuste pour l’économie française » du think tank engagé dans la décarbonation. Ces 20 chantiers sont réunis dans différents secteurs comme le transport, le logement, l’agriculture, l’énergie ou encore le numérique.
Pour Clément Caudron, la crise actuelle du pétrole, liée au conflit en cours au Moyen-Orient, prouve à nouveau que la France est dans « une situation de grande vulnérabilité dont il faut sortir le plus vite possible. On est face à une double contrainte carbone. Il faut qu’on décarbone pour le climat, mais aussi pour être moins vulnérables aux importations d’hydrocarbures. » Le chef de projet indique que « 60% de l’énergie qu’on consomme en France aujourd’hui, c’est du pétrole ou du gaz exclusivement importés ».
Le plan d’électrification, annoncé par le Premier ministre la semaine dernière est l’un des « chantiers prioritaires », selon Clément Caudron. Il comporte des mesures « qui vont dans le bon sens », même si « l’on pourrait toujours aller plus loin. Il faut électrifier les voitures, les camions, les moyens de chauffage en déployant les pompes à chaleur. Il faut le faire massivement. Dans notre rapport, on a calculé que les seuls chantiers voitures électriques, camions électriques et pompes à chaleur, cela permet de réduire d’un tiers les émissions de CO2 de l’ensemble du territoire français ».
Les différents chantiers en sont à des stades différents, explique-t-il. Certains sont « bien partis, les voitures électriques sont aujourd’hui à 20% des ventes, mais il faut accélérer fortement si on veut tendre sur le 100% à 2035 ». D’autres, en revanche en sont à peine aux prémices. Sur celui du camion électrique, on est « à un très faible pourcentage des ventes ». Clément Caudron, estime que l’augmentation des aides proposées par le gouvernement « est une bonne chose, car le gros souci, c’est le surcoût à l’achat. Peut-être faudrait-il aller encore plus loin dans cette direction »
Pour The Shift Project, il faut aller vers la décarbonation dans des innovations technologiques, comme « décarboner la production d’acier, et le faire à l’hydrogène, c’est une rupture technologique », mais aussi en étant plus sobre. Par exemple « réduire la part de la voiture pour plus de vélo et de transports en commun ». La sobriété n’est « pas forcément individuelle, c’est aussi une réorganisation ». Déployer le vélo, par exemple « ça demande une organisation concrète, pas seulement sensibiliser les gens, mais aussi rééquilibrer la part de la voiture et du vélo en ville pour que la sécurité des cyclistes soit concrètement faisable ».
« C’est un investissement pour l’avenir », conclut le chef de projet du Shift Project, mais « c’est quelque chose qui s’organise, sinon on reste dans la situation actuelle. C’est un investissement, c’est sûr, il y a des conditions de financements, notamment publics. Mais il faut voir ce que coûte notre dépendance aux énergies fossiles aujourd’hui. Ce sont 60 milliards d’euros par an en énergies fossiles importées. En temps de crise, en 2022, c’était le double », constate-t-il.
Source:
www.franceinfo.fr





