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Les chemins de Joseph d’Anne Guglelmetti : Un roman choral sans fausses notes.

Une ruralité anonyme dans laquelle tout le monde se connait, tout le monde sait quelque chose sur son voisin et tout le monde se tait. Un monde fait de rumeur bien plus que de bavardage, on n’a pas le temps de se poser, il faut travailler dur, mener sa vie à l’écart du bruit.

Dans ce village en Normandie, il a une ferme, le Jardi, qui a été autrefois, une exploitation rentable, presque riche. Aujourd’hui c’est Mélanie Kholas, appelée Mémé, qui l’occupe avec son petit fils Joseph, sept ans. Enfant roux et solitaire, il voit débarquer Constance que Mémé lui présente comme sa sœur. Elle aussi a les cheveux roux et elle revient à la ferme malade et sans un sou.

C’est le nouveau docteur, Wassim, originaire de Turquie qui vient la soigner. Le docteur atterrit là par hasard, a fui son pays, travaillé dur à Paris pour obtenir l’équivalence de son diplôme de médecin et vit dans le souvenir d’un amour perdu.

Il est maintenant le médecin du canton, mais il n’est pas de chez eux et ne le sera jamais. Mémé se tient à l’écart du village, vit chichement, Joseph parcourt seul les sentiers aux alentours et s’interroge sur cette sœur arrivée en pleine nuit, dont il n’a jamais entendu parler et qui, s’il compte bien les années d’écart entre lui et elle, pourrait être sa mère.

Anne Guglielmetti parcourt les routes de campagne avec trois personnages adultes solitaires aux prises avec leur passé et un enfant rayonnant dans son innocence et sa curiosité. Il est loin d’être bête le petit Joseph, il voit les problèmes des autres, le contact avec la nature le rend sensible même s’il doit se bagarrer pour se faire respecter, il comprend le monde des adultes et attend beaucoup d’eux.

Mais les adultes sont pris par leur travail, Wassim tente d’oublier sa vie d’avant en se plongeant dans son travail, Mémé doit faire bouillir la marmite et Constance trouve un travail précaire afin de se renflouer et repartir à Paris. Chacun se croise sans trop se parler, le poids des secrets est omniprésent et empêche toute démonstration de sentiments et d’émotions.

La romancière effleure le sujet des gilets jaune, l’expansion des grosses propriétés aux dépens des petites exploitations familiales, la pollution des terres agricoles, les déserts médicaux, mais aussi, les non-dits dans les histoires de village ou dans les familles. Passant de la narration à l’introspection, Anne Guglelmetti déroule son récit avec parfois des sujets sociétaux qui surgissent et disparaissent, laissant le lecteur un peu surpris par ces évocations.

La relation mère fille est d’une grande retenue, aussi grande que leur silence et leur trajectoire  de vie qui se ressemble terriblement, c’est finalement l’amitié timide entre le petit Joseph et Wassim qui sortira vainqueur de ce roman.

Chronique sur une année de changement durant laquelle le petit Joseph va grandir en parcourant les sentiers bordant le Jardi en rêvant à d’autres horizons.

 

Par Christian DorsanContact : contact@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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