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Après la charge de Donald Trump contre Léon XIV, les évêques italiens et américains réagissent

C’est une énième sortie du président américain qui fait couler beaucoup d’encre, lundi 13 avril. En marge d’une visite sur une base militaire du Maryland, puis sur son réseau Truth Social, Donald Trump s’en est vertement pris à Léon XIV, affirmant dans un euphémisme ne « pas être un grand fan » du pape et de ne pas vouloir « d’un pape qui critique le président des États-Unis ».

La cause de ce courroux : lors d’une veillée de prière, samedi, Léon XIV avait exhorté les dirigeants d’un monde en proie aux conflits à privilégier le dialogue et la médiation. Si Léon XIV, à son arrivée sur le sol algérien, a déclaré « ne pas être un politicien » et « ne pas avoir l’intention d’entrer dans un débat », la diatribe de Donald Trump n’a pas tardé à faire réagir, notamment chez des hauts responsables catholiques.

Dans un communiqué, la Conférence épiscopale italienne a exprimé « son regret » face aux propos du président américain, réaffirmant sa « pleine communion » avec le pape. Elle s’est également associée au message de l’archevêque Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, qui, dans la foulée de la déclaration de Donald Trump, s’est dit « consterné ». Ce dernier a rappelé que le pape n’est ni un « rival » ni un « homme politique », mais « le vicaire du Christ, qui s’exprime à partir de la vérité de l’Évangile et pour le bien des âmes ».

« Transformer la souffrance en divertissement »

Dès dimanche soir, dans l’émission américaine « 60 minutes », trois cardinaux américains ont exprimé des sentiments similaires. Après avoir alerté sur le risque de « guerres sans fin », l’archevêque de Washington, le cardinal Robert McElroy, a jugé que la guerre menée par Donald Trump contre l’Iran n’était pas moralement justifiable au regard de la doctrine catholique. L’archevêque de Chicago, le cardinal Blase Cupich, est allé plus loin en fustigeant une « déshumanisation des victimes de la guerre » par la Maison-Blanche qui, via sa communication sur les réseaux sociaux, « transforme la souffrance des gens et le massacre d’enfants et de (nos) propres soldats en divertissement ».

« Quand des gens agissent de la sorte, quand ils doivent cacher leur identité pour terroriser les gens, quand ils peuvent en fait violer d’autres garanties de notre Constitution et de notre Déclaration des droits, eh bien je pense que quelqu’un doit dénoncer cela et je ne suis pas le seul », a ensuite assené le cardinal Joseph Tobin, archevêque de Newark, connu pour ses positions critiques à l’égard de la politique migratoire américaine.

« Même Hitler ou Mussolini n’ont pas attaqué le pape de manière aussi directe et publique. »

Massimo Faggioli, professeur de théologie historique à l’université de Villanova

Cette charge virulente visant le premier pape né aux États-Unis a suscité des critiques jusque dans le camp de Donald Trump. Marjorie Taylor Greene, ancienne alliée du président dont elle s’est récemment distanciée, a jugé « juste » l’opposition de Léon XIV à la guerre, dénonçant la « tirade malveillante » du président américain et ses menaces d’anéantissement d’une population. Elle a ajouté « dénoncer » ces propos et « prier contre cela ».

« Même Hitler ou Mussolini n’ont pas attaqué le pape de manière aussi directe et publique », assure à Reuters Massimo Faggioli, professeur de théologie historique à l’université de Villanova. Il voit par ailleurs dans l’image générée par IA représentant Donald Trump en toge blanche et rouge, soignant un blessé, la marque d’une forme de « messianisme politique ».


Source:

www.la-croix.com

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