- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilSciencePourquoi Mercure est-elle moins chaude que Vénus ?

Pourquoi Mercure est-elle moins chaude que Vénus ?

« Pourquoi Mercure n’est pas la planète la plus chaude de notre système solaire, et pourquoi est-ce Vénus ? », nous demande Buchaniec Agnes sur notre page Facebook. C’est notre question de lecteur de la semaine. Merci à toutes et tous pour votre participation.

Mercure, première planète du Système solaire, devrait logiquement être la plus chaude, puisqu’elle est la plus proche du Soleil. Pourtant, c’est Vénus qui détient ce record, avec une température moyenne de 462°C, contre des pointes à environ 430°C seulement sur Mercure. Ce paradoxe apparent s’explique par un facteur clé : l’atmosphère.

Mercure fonctionne comme une pierre laissée au Soleil

En 2023, un article de la Nasa rappelait d’abord un principe simple : le Soleil agit comme un « thermostat » pour les planètes. Plus une planète est proche, plus elle reçoit d’énergie. Mais cette règle connaît des exceptions dès lors que l’on tient compte des propriétés physiques des planètes elles-mêmes, et en particulier de leur capacité à retenir la chaleur.

Mercure, malgré sa proximité extrême avec le Soleil, est en réalité un monde presque nu. Elle ne possède qu’une atmosphère extrêmement ténue, incapable de piéger la chaleur. Résultat : sa surface subit des variations thermiques extrêmes. Le jour, la température peut dépasser 430°C, mais dès que le Soleil se couche, elle chute brutalement jusqu’à -180°C. Autrement dit, Mercure chauffe vite… mais se refroidit tout aussi rapidement. Elle fonctionne comme une pierre laissée au Soleil : brûlante en surface, mais incapable de conserver la chaleur.

Image colorisée de Mercure réalisée grâce à des photographies prises par la sonde américaine Messenger. Crédits : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

Vénus, une serre géante devenue incontrôlable

Vénus, en revanche, présente un cas radicalement différent. Certes, elle est un peu plus éloignée du Soleil que Mercure, mais elle est enveloppée d’une atmosphère extrêmement dense, composée majoritairement de dioxyde de carbone (CO2). Or ce gaz est un puissant agent de l’effet de serre : il laisse entrer la lumière solaire mais empêche la chaleur de s’échapper.

Le résultat est spectaculaire. L’énergie reçue du Soleil est piégée, accumulée et redistribuée sur toute la planète. Contrairement à Mercure, il n’y a pratiquement aucune variation entre le jour et la nuit : la température reste constamment autour de 462°C, partout à la surface. Cette chaleur est donc non seulement élevée, mais aussi stable et globale.

Vénus enveloppée de nuages ​​vue depuis un vaisseau spatial

Vénus. Crédits : NASA/JPL-Caltech

On peut comparer Vénus à une serre géante devenue incontrôlable. Là où la Terre bénéficie d’un effet de serre modéré (qui maintient une température moyenne de 15°C), Vénus a basculé dans un effet de serre incontrôlé, parfois qualifié d’ »emballement climatique ». Sa pression atmosphérique, environ 90 fois celle de la Terre, renforce encore ce phénomène en comprimant et en chauffant davantage les gaz.

Ainsi, la hiérarchie des températures planétaires ne dépend pas uniquement de la distance au Soleil : elle dépend aussi de la présence et la composition d’une atmosphère.


Source:

www.sciencesetavenir.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img