Le Conseil de Paris a adopté, mardi 14 avril, le plan d’action de 20 millions d’euros du nouveau maire socialiste, Emmanuel Grégoire, destiné à protéger les enfants dans le secteur périscolaire, éclaboussé par des affaires de violences sexuelles à répétition.
« Nous avons pris le sujet à bras-le-corps », a assuré devant l’assemblée réunie en session extraordinaire le nouvel édile de la capitale, qui en a fait la « priorité absolue » de son début de mandat.
Une centaine d’animateurs et de responsables parisiens du secteur périscolaire se sont rassemblés devant l’Hôtel de ville pour réclamer des moyens humains et financiers afin d’améliorer leurs conditions de travail.
« Travail sérieux, moyens sérieux, enfants heureux », « Grégoire, stop aux regards accusatoires », pouvait-on lire sur des pancartes. L’intersyndicale Supap/FSU-CFDT-CGT, qui appelait à manifester et à faire grève, sera reçue à 16 heures par l’adjointe chargée des affaires scolaires, Anne-Claire Boux.
« Il y a eu des beaux tracts, des belles promesses de campagne. Maintenant, il faut des moyens pour l’animation et la fin de la précarité. La question des moyens est essentielle », a déclaré Nicolas Léger, secrétaire général du syndicat Supap-FSU.
« On est là pour accompagner et défendre les agents suspendus injustement sans discernement », insiste, de son côté, Marouan Tayibi, délégué syndical CFDT, évoquant « des agents en détresse qui ne comprennent pas ce qui leur arrive ».
« Il faut des agents mieux formés et plus nombreux »
Selon la Ville, 78 agents ont été suspendus depuis le début de l’année, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles. « C’est très, très dur pour les agents, les parents. On ne sait plus quoi faire. On est sous pression et, en même temps, c’est compréhensible. Il s’agit de la protection des enfants », témoigne auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Elsa, 44 ans, directrice de périscolaire dans le 4e arrondissement de la capitale, pour qui « de nombreux agents cherchent à changer de métier ».
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« Les conditions de travail étaient déjà dures. Là, ça renforce encore plus ce sentiment de difficulté, d’inconfort, de pression », ajoute cette agente de 44 ans, qui gagne 2 000 euros net par mois, « dont un tiers de primes ». Laurence, directrice périscolaire dans les 8e et le 9e arrondissements, évoque également auprès de l’AFP une « peur d’intervenir auprès des enfants par crainte d’être accusé à tort ».
Les syndicats réclament la création de « centaines de postes de titulaires », alors que l’animation parisienne fonctionne aujourd’hui essentiellement avec des vacataires, une revalorisation des carrières, une réduction des taux d’encadrement, le recrutement d’agents formés pour le change en maternelle, ainsi qu’un meilleur accompagnement des enfants aux besoins particuliers.
Interrogé sur la proposition de la droite parisienne d’installer des caméras de surveillance dans les écoles, Nicolas Léger estime la proposition difficilement réalisable. « Si on veut surveiller tous les angles morts ou les endroits où il pourrait se passer des choses, il faudrait une centaine de caméras dans chaque école. C’est un coût faramineux. Ce n’est pas la solution. Il faut des agents mieux formés et plus nombreux », estime-t-il.
Source:
www.lemonde.fr




