L’image porte autant à sourire qu’à grincer des dents, tant elle frôle le ridicule. Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a publié une illustration générée par intelligence artificielle (IA) le représentant sous les traits de Jésus. Face à l’ampleur de la polémique, il a fini par supprimer sa publication, lundi 13 avril.
Le dessin était accompagné d’un long message injurieux à l’égard de Léon XIV, qu’il désignait comme étant « FAIBLE face à la criminalité, et catastrophique en matière de politique étrangère ». Une réaction au discours tenu samedi par le pape qui appelait à la paix, en particulier au Moyen-Orient où les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran le 28 février.
« C’est moi en médecin »
L’image et les propos ont déclenché une vive controverse aux États-Unis, où 62 % des adultes se déclarent chrétiens. Nombreux sont ceux qui ont vu dans l’image générée par IA une représentation blasphématoire. Face aux critiques, le président s’est défendu avec des arguments peu convaincants. « Je pensais que c’était moi. (…) C’est censé être moi en tant que médecin, soignant les gens. Et je soigne les gens. Je les soigne beaucoup », a-t-il affirmé, comparant sa mission à celle de la Croix-Rouge.
Pourtant, au vu de la symbolique omniprésente, l’interprétation religieuse de l’image semble difficile à écarter. Dans la scène, Donald Trump se représente explicitement comme une figure christique : son visage remplace celui de Jésus, alors qu’il soigne un malade. Il apparaît vêtu d’une toge blanche et rouge, entouré d’un halo lumineux, accentuant sa figure divine et salvatrice. Difficile de ne pas y voir une « référence directe à l’icône de la Miséricorde divine », souligne le prêtre Paul Adrien, star des réseaux sociaux.
Des symboles de puissance militaire
Le président américain occupe une position centrale et dominante : tous les regards sont tournés vers lui, empreints d’admiration et de dévotion. À sa gauche, une femme prie, mains jointes. Une infirmière se tient également à ses côtés, renforçant l’idée d’un dirigeant présenté comme celui qui « guérit » l’humanité. L’homme alité sur lequel il pose une main protectrice semble paisible, les yeux fermés et un léger sourire sur les lèvres. Il est lui aussi auréolé de lumière, à l’image des saints.
Ces symboles religieux sont mêlés à de nombreux éléments de puissance militaire. Dans le ciel, des figures angéliques évoquent aussi des soldats, en référence possible aux militaires américains morts lors d’opérations au Moyen-Orient. Parmi les personnages, un homme en uniforme militaire contemple avec admiration cette figure hybride de Jésus et de Trump. Enfin, des avions militaires passent au-dessus de la statue de la Liberté.
Le décor est aussi saturé de symboles nationaux. Le drapeau des États-Unis occupe près d’un quart de l’image, tandis que des pygargues à tête blanche, emblèmes de puissance et de liberté, survolent la scène. L’ensemble construit une représentation de Donald Trump en sauveur héroïque, porté par un peuple uni. Un comble au moment où la guerre lancée contre l’Iran suscite une opposition grandissante dans le pays.
Source:
www.la-croix.com




