Une plainte a été déposée contre l’équipe de « Cash Investigation », notamment pour non-dénonciation de mauvais traitements, après la diffusion d’une émission sur le périscolaire parisien, a appris l’Agence France-Presse (AFP) mercredi 15 avril auprès des avocats d’une famille concernée.
Contacté par l’AFP, France Télévisions, qui a diffusé le 29 janvier cette émission baptisée « Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles », n’avait pas réagi à ce stade à cette plainte, révélée par Le Figaro.
« Mandatés par les parents d’un enfant victime de viols par des animateurs périscolaires de l’école maternelle Saint-Dominique [Paris 7ᵉ] », des avocats du cabinet Joshua, représenté par Me Julien Roelens, ont expliqué avoir déposé mardi, au parquet de Paris, une plainte « à l’encontre de la société Premières Lignes télévision, productrice de l’émission “Cash Investigation” ».
La plainte vise aussi Elise Lucet, présentatrice et rédactrice en chef de l’émission, Claire Tesson, sa réalisatrice, Luc Hermann et Paul Moreira, producteurs de l’émission, ou encore Maria Ivanchysyn, journaliste ayant tourné les images au sein de l’école au printemps 2025.
Des images tenues secrètes pendant neuf mois
« A compter d’avril 2025 », cette journaliste a en effet « filmé en caméra cachée, au sein de l’école, des animateurs périscolaires faisant subir à des enfants de 3 à 5 ans des violences physiques et psychologiques, des privations et une agression sexuelle », affirment les avocats dans un communiqué.
« Ces images – sélectionnées parmi vingt-sept heures de rushes – ont été tenues secrètes pendant neuf mois, sans qu’aucun signalement aux autorités judiciaires ou administratives ne soit effectué », ont-ils dénoncé, en précisant que, le 29 janvier, « leur diffusion en prime time sur France 2 a entraîné la suspension immédiate des animateurs concernés ».
« Avoir dissimulé ces faits est un délit, d’autant plus grave qu’un signalement aurait permis de protéger les enfants », ont-ils estimé, en affirmant que « l’équipe de “Cash Investigation” a entendu faire du divertissement sur fond de violences commises sur des mineurs de 3 à 5 ans, en réservant l’exclusivité des révélations à la diffusion de son émission ».
La Ville de Paris est secouée par un scandale dans le périscolaire. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère « systémique » des violences, a reconnu récemment le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui a déclaré comprendre la « colère légitime » des familles.
Source:
www.lemonde.fr




