Le directeur de Challenges, Pierre-Henri de Menthon, a officialisé mercredi son départ du magazine économique en raison de « divergences » avec son nouveau propriétaire LVMH, dans un contexte d' »incertitudes » qui fait craindre aux journalistes « un accident industriel », a-t-on appris au sein de la rédaction. « Mes échanges avec l’actionnaire ont fait apparaître des divergences sur les conditions d’exercice de mes fonctions de directeur de la rédaction de Challenges », a annoncé Pierre-Henri de Menthon, lors d’une « AG » (assemblée générale) de la rédaction, selon des participants. Le journaliste, qui travaille au magazine depuis 2001, a précisé souhaiter rester en poste jusqu’à la parution début juillet du classement annuel des 500 plus grandes fortunes de France, qui constitue généralement la meilleure vente de l’hebdomadaire.
Son départ intervient alors que des journalistes s’inquiètent de plus en plus de la pérennité du titre, près de quatre mois après son rachat officiel par le géant du luxe LVMH, propriété du milliardaire Bernard Arnault, à son actionnaire historique, l’homme d’affaires Claude Perdriel. LVMH est déjà propriétaire du quotidien économique Les Echos et du quotidien généraliste Le Parisien (groupe Les Echos-Le Parisien), du quotidien libéral L’Opinion, du site d’actualité financière L’Agefi et de l’hebdomadaire Investir-Le Journal des Finances. La Société des journalistes (SDJ) et les représentants du personnel au sein des Editions Croque Futur (Challenges, Sciences et Avenir, La Recherche) protestent depuis le rachat contre la volonté de LVMH de renoncer à la charte éditoriale de Challenges et au droit de vote de la rédaction pour nommer son directeur. « Trois mois et demi après le rachat, LVMH n’a toujours donné aucune indication sur l’avenir industriel du titre (et) les investissements qu’il est prêt à consentir », a aussi déploré lors de l’assemblée générale la présidente de la SDJ, Delphine Déchaux, selon un participant. Le flou s’est accru en début de semaine lorsque l’un des rédacteurs en chef pressenti pour prendre le poste de directeur, Thiébault Dromard, a lui aussi annoncé qu’il quittait l’entreprise, après 18 ans chez Challenges.
La direction a porté d’un à deux mois de salaire par année d’ancienneté (avec une limite de 15 ans) le montant de la clause de cession, le dispositif qui permet de quitter un média après un changement de propriétaire, faisant craindre des départs en masse. « Challenges n’est pas à l’abri d’un accident industriel », a mis en garde la présidente de la SDJ. Contacté par l’AFP, le directeur de la publication et président des Editions Croque Futur, Maurice Szafran, n’a pas répondu dans l’immédiat.
Source:
www.cbnews.fr




