Les distributeurs ont proposé au Premier ministre, dans une lettre envoyée mardi, de suspendre « temporairement » la collecte des Certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente « 15 à 20 centimes par litre » sur le prix du carburant.
Publié le 15/04/2026 16:08
Mis à jour le 15/04/2026 16:10
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Et à la fin, ce sont eux qui trinquent. La Fédération du commerce et de la distribution a proposé au gouvernement « de suspendre provisoirement les certificats d’économie d’énergie (CEE) qui financent la transition écologique », durant « quelques mois », afin de permettre une « baisse de 10 à 15 centimes ». Cet exemple illustre un sujet : les dispositifs écologiques sont ciblés en premier en cas de crise. Un principe simple, celui du pollueur/payeur et un soutien financier aux initiatives plus vertueuses.
Sur le papier, l’idée est bonne. Mais quand les prix s’envolent et que l’on décortique les chiffres, ces 15 à 20 centimes par litre semblent insupportables pour le porte-monnaie. Ainsi, la tentation est forte de rogner sur ce qui ne paraît pas immédiatement indispensable. La question écologique tombe souvent dans cette catégorie.
Ce mécanisme est lié à un contexte budgétaire et financier difficile pour l’Etat et les ménages, mais aussi au manque de pédagogie sur l’affectation de cet argent qui sert à rénover les maisons ou à installer des pompes à chaleur. L’opacité du système et les abus liés au démarchage téléphonique ou les scandales sur les détournements de ces CEE, font des certificats d’économie d’énergie une cible parfaite pour les oppositions et les patrons. Le Rassemblement National avait également abordé la question après l’été 2025, oubliant qu’il avait lui-même participé à des réunions sur le sujet.
Un cas similaire apparaît avec les zones à faible émission (ZFE) après l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi de « simplification » actant la suppression de ce dispositif visant à limiter les émissions de particules fines en excluant certains véhicules anciens et polluants, surtout dans les centres-villes. Mais ce dispositif écologique passe mal dans une bonne partie de la population avec les arguments de « ségrégation sociale », de « chasse aux pauvres », qui surfent sur l’idée d’une injustice.
Les plus modestes, qui ont besoin de leur voiture au quotidien, pensent ne plus pouvoir rentrer dans les villes. Factuellement, ce n’est pas avéré, mais politiquement, rien n’a été fait pour rendre ce dispositif simple et acceptable. Il y a beaucoup de dérogations et c’est moins l’Etat que les municipalités qui en sont vraiment responsables. Il existe des aides pour changer de voiture mais tout cela est trop compliqué, pas lisible et ce sont donc encore les mesures écologiques qui sont visées en premier. Politiquement, c’est assez rentable. Le RN ou des personnalités comme Alexandre Jardin se positionnent sur cette question.
Il faut rappeler que ces ZFE ne sortent pas de nulle part. Elles avaient été lancées par la convention citoyenne sur le climat. Il existe donc un conflit entre la légitimité populaire d’un côté et celle des députés de l’autre. La question de la santé des Français se positionne entre les deux. La morale est donc que la transition écologique nécessite beaucoup d’argent et lorsqu’on en manque, c’est cette ambition qui est la plus simple à supprimer.
Source:
www.franceinfo.fr




