Qu’ont réellement fait nos proches, parents, grands-parents durant la seconde guerre mondiale ? La question n’a cessé, depuis, de traverser les œuvres et d’inspirer les auteurs. Tous domaines confondus. Au cinéma, on pense à Music Box (1989), de Costa-Gavras, dans lequel une avocate incarnée par Jessica Lange découvre, avec horreur, le passé de criminel de guerre de son père en Hongrie dans les années 1939-1945. La nouvelle création de la compagnie Les Maladroits, née à Nantes en 2008, Une histoire autrichienne, plonge de la même façon dans les zones d’ombre d’un grand-oncle à la vie en apparence banale. S’il s’agit avant tout d’une fiction, elle s’inspire en grande partie de l’expérience personnelle d’un des quatre comédiens de la troupe, Arno Wögerbauer.
Il y a quelques années, le père de l’acteur a en effet porté à la connaissance de son fils des archives retrouvées dans le grenier de la maison familiale héritée d’un grand-oncle décédé. Datées de 1938 à 1945, celles-ci contenaient, entre autres, un cahier d’école avec des croix gammées, une sorte d’album Panini de propagande nazie… De quoi s’interroger sur l’engagement, durant la seconde guerre mondiale, de cet ancêtre prénommé Joseph. Après enquête, Arno Wögerbauer et son père ont exhumé le passé, découvrant qu’il était né, en 1924, dans une famille pauvre de la campagne autrichienne, avait arrêté l’école à 14 ans puis été enrôlé dès 1938 dans les Jeunesses hitlériennes puis formé comme aviateur dans l’armée allemande.
Il vous reste 60.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr




