Le niveau sonore est élevé dans notre maisonnée. Tout le monde parle tout le temps. C’est sympa, mais c’est bruyant. Si bien que, dans une rare brèche de silence, mon fils de 7 ans pensait rendre service en signalant à son père que la sonnerie de son téléphone retentissait. Mais voilà, pas du tout, c’est le printemps. Un oiseau, dehors, avait décidé de pépier dans la même brèche. A l’heure de la pollution massive de nos sens et de notre cerveau par la technologie numérique, cette confusion entre une pâle imitation de piaf et un vrai gazouillis m’a hérissé les plumes. J’ai décidé qu’on n’allait pas en rester là, et appelé fissa des spécialistes des chants d’oiseaux pour savoir comment m’y prendre pour faire entendre et reconnaître cette partie sonore du vivant à ma progéniture.
Y a-t-il un âge pour commencer à identifier les stridulations ? Tanguy Loïs, bioacousticien chez BioPhonia, un cabinet d’expertise qui réalise des suivis de biodiversité, pense que non. Il emmène régulièrement son neveu de 5 ans en balade sur l’île aux Cygnes, sur la Seine, en plein Paris. « Il est déjà capable de reconnaître le chant du pinson, très commun, l’un des premiers qu’on peut apprendre : une phrase courte de quelques notes en quelques secondes, toujours la même », précise-t-il.
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Source:
www.lemonde.fr




