L’ex-PDG du géant français du ciment, Bruno Lafont, 69 ans, a dormi derrière les barreaux lundi soir. Il a été condamné à six ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014, une décision dont il va faire appel.
Publié le 14/04/2026 07:01
Mis à jour le 14/04/2026 07:10
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Un ex-patron du CAC qui vient de dormir en prison. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi 13 avril, à six ans de prison avec incarcération immédiate l’ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont, reconnu coupable avec le cimentier et sept ex-responsables de financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014.
Dans un délibéré cinglant de quatre heures, le tribunal correctionnel présidé par la juge Isabelle Prévost-Desprez a estimé que le cimentier français – avalé depuis par son concurrent suisse Holcim – a versé près de 5,6 millions d’euros via sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS) à trois groupes jihadistes afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
Sur franceinfo, mardi matin, Jacqueline Laffont, avocate de Bruno Lafont, a dénoncé une « décision ni juste ni raisonnable » et « la mise en prison d’un homme de manière brutale », alors que l’ex-PDG du groupe Lafarge a passé sa première nuit en prison. Le cimentier français Lafarge a été reconnu coupable de financement de terrorisme en Syrie.
La justice reproche à l’entreprise d’avoir versé plusieurs millions d’euros à des groupes jihadistes, dont l’organisation Etat islamique, afin qu’ils permettent à une usine de fonctionner en pleine guerre civile. Plusieurs responsables du groupe ont écopé de peines de prison ferme. Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, a été condamné à six ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt et à une amende de 225 000 euros. Il a annoncé qu’il ferait appel de cette décision.
Lors du procès, celui qui avait dirigé le cimentier entre 2007 et 2015 a répété avoir « dit la vérité » et être « innocent ». « Si j’avais été informé plus tôt (…), j’aurais décidé de fermer l’usine plus tôt et j’aurais pu épargner toutes ces souffrances », a assuré M. Lafont. La justice française considère au contraire qu’il a été l' »artisan » du système de paiements aux groupes jihadistes, « étant au sommet de la chaîne hiérarchique », et qu’il avait décidé de maintenir l’activité de l’usine en Syrie, faisant un « choix purement économique ».
Le tribunal a fustigé la « mauvaise foi » et la « lâcheté » de l’ex-patron, le condamnant à six ans d’emprisonnement avec incarcération immédiate, et 225 000 euros d’amende.
Source:
www.franceinfo.fr




