- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilReligions & SpiritualitéLéon XIV en Algérie : pourquoi le pape se rend-il à Annaba, héritière de...

Léon XIV en Algérie : pourquoi le pape se rend-il à Annaba, héritière de l’antique Hippone ?

Une étape à la symbolique forte. Au deuxième jour de son voyage historique en Algérie, Léon XIV se rend mardi 14 avril à Annaba, près de la frontière tunisienne, sur les vestiges de l’antique Hippone, dont saint Augustin (354-430) fut l’évêque. Après la visite du site archéologique, une messe sera célébrée dans la journée dans la basilique Saint-Augustin, restaurée en 2013.

Par ce déplacement aux airs de pèlerinage, le pape place son voyage sous le signe de ce grand théologien des premiers siècles du christianisme, dont l’héritage spirituel irrigue le pontificat. Lors de sa première prise de parole depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, au moment de son élection en mai 2025, Léon XIV s’était d’ailleurs présenté comme « un fils de saint Augustin », en référence à l’ordre qu’il a rejoint à l’âge de 22 ans et dont il fut prieur général de 2001 à 2013.

Bien avant que Léon XIV ne foule le sol d’Annaba, Hippone fut, à l’époque romaine, l’une des grandes villes de la prospère province d’Africa, après avoir été un important comptoir phénicien. Durant la Pax Romana, cette riche cité côtière continue d’être un port commercial très actif, notamment pour l’exportation du blé. Située au carrefour de l’Orient et de l’Occident, elle abrite une population mêlant Berbères, Romains et étrangers. Forums, rues pavées en damier, thermes publics, mosaïques : intégrée au réseau routier romain reliant Carthage et Cirta, Hippone présente tous les attributs d’une grande cité de l’Empire.

Important centre de la pensée chrétienne

Le diocèse d’Hippone est établi vers 250 et devient à la fin du IVe siècle un centre important de la pensée chrétienne en Afrique du Nord, notamment sous l’impulsion de saint Augustin. Né en 354 à Thagaste (aujourd’hui Souk Ahras, en Algérie, à 100 km d’Annaba), d’un père païen et d’une mère chrétienne, ce dernier appartient à une famille modeste. Africain de naissance, romain de culture et citoyen libre, il deviendra l’une des figures majeures de la théologie chrétienne, reconnu comme Père de l’Église.

Baptisé tardivement en 387, il revient en Afrique après avoir vécu et enseigné à Milan, la capitale impériale romaine, et mène trois années de vie monastique à Thagaste (388-391). Il s’installe ensuite à Hippone, où il est ordonné prêtre et participe activement au synode qui y a lieu en 393. Il devient ensuite évêque, ministère qu’il exercera pendant trente-cinq ans, de 396 à 430.

À une époque où l’Église catholique est encore minoritaire, Augustin consacre son énergie à combattre les « hérésies » de son temps : manichéisme, pélagianisme, et surtout, contre le donatisme… Soucieux du sort des plus pauvres et de l’unité des chrétiens, il impose à son clergé un mode de vie modeste dont il donne lui-même l’exemple. Il est un « évêque exemplaire dans son ministère pastoral, attentif (…) à la formation de son clergé, fondateur de monastères », soulignait Benoît XVI en janvier 2008. Philosophe, théologien, orateur et écrivain, Augustin rédige à Hippone ses œuvres majeures : Les Confessions (397-400), De la Trinité (410-416) et La Cité de Dieu (410-426).

Proclamé docteur de l’église

Il meurt en 430, à près de 76 ans, lors du siège d’Hippone par les Vandales, marquant la fin de l’âge d’or de la ville. Ses reliques sont transportées en Sardaigne, puis vers le début du VIIIe siècle à Pavie en Italie, où elles reposent dans la basilique San Pietro in Ciel d’Oro. Canonisé en 1298 par acclamation populaire, il est proclamé la même année docteur de l’Église par le pape Boniface VIII.

Après les conquêtes arabo-musulmanes, le souvenir d’Augustin s’estompe progressivement dans sa terre natale. Il faudra attendre le XIXe siècle, sous la colonisation française, pour que sa figure soit remise en avant, avant d’être à nouveau rejetée par les mouvements nationalistes.

Aujourd’hui, la basilique Saint-Augustin, construite en 1881, domine depuis les hauteurs d’Annaba les ruines de l’ancienne Hippone, où l’on distingue encore les contours de l’ancienne église dans laquelle prêchait saint Augustin. Chaque année, autour du 13 novembre, date de sa naissance, des journées augustiniennes y sont organisées afin de perpétuer son héritage.


Source:

www.la-croix.com

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img