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Face au "risque d'idées suicidaires", il faudra une attestation obligatoire pour obtenir un traitement contre la calvitie qui contient de la finastéride

À partir du 16 avril, il faudra montrer patte blanche pour pouvoir renouveler son traitement de finastéride, connu pour provoquer de graves effets secondaires. L’attestation d’information à présenter devra être « cosignée par le médecin et le patient ».


Publié le 05/02/2026 18:02



Mis à jour le 06/02/2026 09:56

Temps de lecture : 4min

La calvitie est souvent une grande cause de préoccupation pour des raisons esthétiques et psychologiques (illustration). (Boy_Anupong / Moment RF)

L’Agence de sécurité du médicament a annoncé jeudi 5 février qu’elle allait davantage encadrer la prescription de médicaments contre la chute de cheveux à base de finastéride. 

Cela fait plusieurs années que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte sur le fait que le finastéride expose les patients à des troubles psychiatriques et de la fonction sexuelle pouvant conduire à des idées suicidaires. Des effets secondaires loin d’être anodins, même si des scientifiques estiment toujours que, malgré tout, ses bénéfices l’emportent sur les risques.

L’ANSM décide donc de renforcer l’information des patients sur cette molécule qui bloque l’action de la testostérone sur les follicules du cuir chevelu. En clair, elle ralentit la chute des cheveux et l’apparition de la calvitie. 30 000 hommes utilisent le finastéride 1 mg en France, pour freiner l’alopécie.

À partir du 16 avril, chaque malade se verra non seulement expliquer les risques du traitement par son médecin, mais il devra systématiquement présenter une attestation cosignée par son médecin en pharmacie, indiquant qu’il a bien été informé, qu’il est conscient des risques, et la renouveler une fois par an. Aux patients déjà en traitement, l’ANSM laisse un délai supplémentaire jusqu’à la mi-juin, le temps de revoir leur médecin.

Cette décision va au-delà des recommandations européennes. En septembre, à la demande de l’ANSM, les autorités sanitaires européennes avaient déjà renforcé les informations liées aux effets secondaires du finastéride. Les notices des comprimés de 1 mg indiquent désormais aux patients qu’ils doivent consulter un médecin s’ils présentent des troubles sexuels (tels qu’une baisse de la libido ou une dysfonction érectile), ces effets pouvant contribuer à des changements de l’humeur, selon l’Agence européenne du médicament (EMA).

« Une carte d’information pour les patients sera incluse dans les boîtes de comprimés de finastéride 1 mg pour leur rappeler ces risques et les informer de la conduite à tenir », indiquait l’agence européenne. Néanmoins, l’ANSM considérait, sur la base d’une expertise de pharmacovigilance, que ces mesures prévues au niveau européen « ne suffisent pas à réduire efficacement le risque d’idées suicidaires » et estimait qu’il fallait « protéger davantage les patients ».

L’ANSM a effectivement demandé une expertise de la Base nationale de pharmacovigilance. Les résultats publiés le 25 septembre montrent que les deux tiers des 110 dossiers d’effets secondaires montés entre 1985 et 2024 sont considérés comme des cas graves. Parmi eux, un décès par suicide et trois tentatives de suicide. Depuis l’expertise, deux autres malades ont mis fin à leurs jours indique encore l’ANSM. Il s’agit d’hommes jeunes, 30 ans en moyenne. Par ailleurs, les effets secondaires du médicament persistent. La moitié des patients qui ont déclaré des troubles sexuels ou psychiatriques étaient encore affectés trois ans après l’arrêt de leur traitement et un quart, huit ans après, note l’ANSM.

Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Pour signaler toute situation de harcèlement ou de cyberharcèlement, que vous soyez victime ou témoin, il existe des numéros de téléphone gratuits, anonymes et confidentiels : le 3020 (harcèlement à l’école) et le 3018 (cyberharcèlement), joignables du lundi au samedi, de 9 heures à 20 heures. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère de l’Éducation nationale.


Source:

www.franceinfo.fr

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