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Idées et tentatives de suicide chez les préadolescents : à l’hôpital Robert-Debré, « parler de son envie de mourir, ça peut faire très peur, mais les mots ne rendent pas malade »

Sur l’échelle des risques de passage à l’acte suicidaire, Léa (tous les prénoms ont été modifiés, pour préserver l’anonymat des mineurs), qui s’est présentée ce lundi de mars, avec sa maman, aux urgences de l’hôpital pédiatrique Robert-Debré (AP-HP), dans le Nord-Est parisien, semble cocher toutes les cases.

Elle a un « scénario » bien en tête, et même plusieurs : « Je pense à m’ouvrir les veines, à me pendre ou à me stranguler », souffle-t-elle, assise sur le lit d’auscultation du box numéro 3. Elle a aussi choisi son « moment » : « C’est ce soir, j’y pense tout le temps, même en dormant. » Deux réponses qui, pour les soignants, différencient les idées noires des idées suicidaires, et permettent d’évaluer la gravité de la crise.

Elisabeth, sa maman, vient appuyer le sentiment d’urgence : « Léa n’en peut plus, je la sens remplie de souffrance, de colère. Je pourrais l’inonder de mots d’amour, que ça ne suffirait pas… Regardez ses bras, ses cuisses [recouverts de cicatrices]. Elle est au max de ce qu’elle peut supporter, et moi aussi. »

Pendant les congés de février, les « idées étaient toujours là », raconte Léa, mais elle ne s’était pas scarifiée, et en tirait un certain réconfort. Les choses ont « basculé » dimanche, veille de la rentrée des classes, quand des camarades se sont jouées d’elle, lui promettant une « sortie entre copines », sans jamais venir la chercher. Crise d’angoisse, de panique, de violence… Léa s’en est prise à sa maman. Celle-ci a fait appel à la police. « Je voulais lui rappeler les limites, dit-elle. J’aime infiniment ma fille, elle le sait. Je ne la tiens pas pour responsable de ses souffrances. Ce n’est pas pour moi que j’ai peur. Mais il lui faut des soins. Elle n’a plus rien qui la retient. »

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Source:

www.lemonde.fr

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