Publié le 14/04/2026 09:07
Mis à jour le 14/04/2026 09:48
Temps de lecture : 5min – vidéo : 7min
Serge Papin était l’invité des « 4V » sur France 2, mardi matin. Il est notamment revenu sur le choix du gouvernement de renoncer à une commission mixte paritaire pour faire adopter la proposition de loi sur le travail le 1er-Mai.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
France Télévisions : Le gouvernement a donc renoncé à élargir les possibilités de travailler le 1er-Mai. Les fleuristes, les boulangers ne pourront donc pas ouvrir a priori cette année. Est-ce que vous le regrettez ?
Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat : Je pense que le Premier ministre a pris une décision raisonnable. Il renvoie au dialogue et aux accords de branche. On va voir après ce qui va se passer. J’avais des demandes expresses quand même, des fleuristes ou des boulangers qui demandaient à pouvoir ouvrir cette journée-là.
Vous l’auriez souhaité ?
Oui, je l’aurais souhaité parce que je trouve que c’est une mesure de liberté. On consomme du pain tous les jours. Les ventes de fleurs, c’est la fête du muguet, c’est la fête du printemps. Et on voit d’ailleurs qu’il y a beaucoup de ventes qui se font à la sauvette. Donc autant que les fleuristes puissent ouvrir officiellement. Souvent, ils le font d’ailleurs parce que ce sont les propriétaires qui ouvrent. Mais ils n’ont pas le droit d’embaucher quelqu’un. J’ai connu ces périodes-là quand j’ai été commerçant. Il pourrait y avoir des aménagements, ça pourrait être des étudiants par exemple, qui viendraient travailler ces jours-là sans que ce soit forcément des salariés, mais laissons la place au dialogue.
Vous dites qu’il va y avoir des dialogues de branche, pour autant, pour cette année, le 1er-Mai, c’est mort ?
Pour cette année, ça ne va pas être possible, je pense.
Vous venez du monde de l’entreprise, est-ce que vous avez le sentiment parfois que la France est difficile à réformer ?
Oui, on dit que la France se réforme par des révolutions. On voit bien les difficultés. Il y a des choses qui sont en route, comme le plan sur l’énergie. Ça, c’est quelque chose de massif.
Sur l’électrification, ça concerne d’ailleurs les PME et les artisans.
Exactement. C’est une réforme qui va pouvoir se faire massivement, qui va pouvoir se faire rapidement. Et pourquoi ? Parce que la France est peut-être le seul pays en Europe à pouvoir le faire parce qu’on bénéficie d’une énergie électrique décarbonée en quantité suffisante grâce au parc nucléaire, à l’éolien et au photovoltaïque. Donc on est les seuls à pouvoir le faire. On a d’ailleurs au passage un prix de l’électricité en France qui est le moins cher en Europe. Voilà une réforme qui va être utile au pays et qui est stratégique pour le pays.
Vous aviez dit justement sur la crise qu’elle se vivait au jour le jour. Est-ce que c’est toujours vrai ? Parce qu’on voit que le détroit est vraisemblablement bloqué pour un certain temps et la crise d’approvisionnement est durable. L’Association pour l’énergie a dit qu’avril serait pire que mars. Est-ce que le gouvernement doit désormais, puisque la crise s’installe, changer de braquet dans l’aide aux automobilistes ?
D’abord, la durée, on ne la connaît pas. On a un drôle de chef d’orchestre [Donald Trump] qui nous joue une partition un peu chaotique.
Vous parlez du président des États-Unis ?
Oui. On a fait le choix des aides ciblées, c’est la stratégie. Après, il existe des aides, on les oublie. Mais il y a quand même un chèque énergie qui est distribué en ce moment. Il concerne 4,5 millions de salariés. C’est entre 50 et 277 euros, 150 euros en moyenne. Il y a la prime d’activité, 600 euros de plus par an. Cela concerne les gens qui en ont le plus besoin.
Mais les autres, ceux qui sont un tout petit peu au-dessus des minima et qui roulent quand même 20, 30 km par jour pour aller travailler ?
Si on donne d’un côté aux automobilistes d’une façon massive, puisque c’est ce que vous suggérez dans votre question, ça veut dire qu’on va de nouveau faire gonfler la dette. Ce qu’on donne d’un côté, il va falloir le reprendre de l’autre. Donc ce n’est pas une stratégie qui est intéressante.
L’Allemagne a décidé de réduire pendant deux mois des taxes sur le diesel et l’essence.
Oui, d’abord l’Allemagne a une inflation deux fois supérieure à la nôtre. L’Allemagne a une dépendance aux énergies fossiles beaucoup plus importante que la nôtre. Donc elle fait des choix, elle n’a pas ce socle d’aide dont j’ai parlé.
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Source:
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