Pour inaugurer son nouvel espace parisien, Vincent Sator le confie à Kokou Ferdinand Makouvia, né à Lomé en 1989, qui vit et travaille au Togo et en France. L’artiste y montre des sculptures et des dessins, étranges les uns et les autres, car il est un inventeur de formes encore inconnues. Une sorte de tour en céramique blanche se dresse très haut. Les reliefs de ses flancs suggèrent des troncs noueux ou des corps. Là où des branches ou des membres auraient été tranchés, des cercles rouges rehaussent les coupures. Des fils de cuivre s’échappent d’une multitude de petits orifices latéraux. L’œuvre se nomme Les Sept Vases de la sorcellerie. On ne sait à quelle magie ils servent, mais elle doit être efficace à en juger par la force avec laquelle le regard est capté. Autre magie : Le Meuble fondant, nappé de cire, contient des vases de verre qui contiennent des baies, rouges elles aussi. Le fer forgé et violemment martelé, le cuivre en fils et en lames, le bois et les fils tressés et noués se réunissent dans des pièces à poser au sol ou à accrocher au mur qui répondent à un dessin de près de 9 mètres de long. Ses graphismes légers semblent abstraits tant que l’œil n’a pas repéré les végétations, les insectes et les êtres hybrides enchevêtrés sur le rouleau de papier. Voici une œuvre en pleine expansion qui affirme sa singularité comme une évidence.
« L’Alambic cosmique de la métamorphose ». Galerie Sator, 4, cour de l’Ile-Louviers, Paris 4e. Jusqu’au 16 mai, du mercredi au samedi de 14 heures à 19 heures.
Source:
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