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2 673 espèces : ce qu’une scientifique a découvert dans son jardin pourrait changer votre regard sur le vôtre

Sauriez-vous deviner le nombre d’espèces qui peuplent votre jardin ? Pâquerettes et pissenlits, mouches et moustiques, abeilles et guêpes, araignées, escargots, merles et moineaux, lierre, limaces, rosiers, bouton d’or, peut-être même hérissons ou écureuils, pommier ou cerisier, chauve-souris et lézards. Vous misez sur combien ?


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Les scientifiques ne prennent pas de paris. Lorsqu’une question les interroge, ils mettent en place un protocole qui leur permet de trouver des réponses. C’est ce qu’a fait Jennifer Owen après avoir remarqué que son jardin en Sierra Leone où elle travaillait semblait abriter plus d’animaux sauvages que la forêt voisine. De retour au Royaume-Uni, à Leicester plus exactement, la zoologue passionnée de jardinage s’est lancée dans une aventure un peu folle : recenser exhaustivement toutes les espèces de son jardin. C’était en 1971. Et l’aventure s’est poursuivie jusqu’en 2001. Pas moins de 30 ans d’observations méthodiques.

Des chiffres de biodiversité à peine croyables

Prêts à découvrir ses chiffres ? Dans son jardin de banlieue, Jennifer Owen a répertorié… 2 673 espèces ! Parmi elles, 1 997 insectes, beaucoup de papillons et d’abeilles. Mais aussi 138 autres invertébrés comme des araignées, des limaces ou des cloportes. Également 64 vertébrés, essentiellement des oiseaux. Et finalement, 474 espèces de plantes différentes.


Le saviez-vous ?

Dans le livre de Malcolm J. Boss, « Les 79 Carrés », Eric, un adolescent de 14 ans, est amené à noter tout ce qu’il voit dans le jardin d’un vieil homme, mètre carré par mètre carré. Idéal pour changer de regard sur le monde !

Et cela pourrait n’être que la partie émergée de l’iceberg de la biodiversité de ce jardin. Parce que la zoologue n’est pas entrée dans tous les détails. Elle n’a, par exemple, pas identifié les espèces différentes dans les groupes difficiles à distinguer comme les mouches. Ainsi, le chiffre avancé par les scientifiques est plus proche des… 10 000 espèces.

escargot jardin
Les escargots et les limaces sont précieux pour la biodiversité. Ils participent activement au cycle de la matière organique. Ils contribuent aussi à enrichir les sols. L’opération escargots lancée par l’ONG Noé, en collaboration avec Vigie-Nature, vous invite à recenser ceux qui vivent dans votre jardin. Les réponses à vos questions sur cette plateforme en ligne. © Iryna, Adobe Stock

Le secret de Jennifer Owen

Pour en arriver là, Jennifer Owen a dû travailler dur, vous imaginez-vous peut-être. Pas tant que ça ! Elle s’est contentée d’éviter les pesticides et un entretien excessif, reportant la taille et le débroussaillage essentiellement à l’hiver. Et elle a simplement cultivé une grande variété de plantes herbacées, d’arbres et d’arbustes. Ce faisant, elle a, presque sans le vouloir, créé une mosaïque de micro-habitats favorables à la biodiversité.

Le printemps est une saison où il faut laisser son jardin tranquille. © iStock

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Elle raconte aussi qu’une étude approfondie de la famille des guêpes parasites lui a permis d’en découvrir 533 espèces. Dont sept que la science ne connaissait même pas. Inutile de paniquer, car les guêpes dont il est question ici sont pour la plupart aussi petites qu’inoffensives pour nous. En revanche, elles font leur job pour éliminer gratuitement chenilles et pucerons de nos jardins.

oiseaux jardins
Les 30 et 31 mai 2026, comme chaque année, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) vous invite à prendre part au comptage national des oiseaux de jardin. Toutes les infos sur le site de l’Observatoire. © Nitr, Adobe Stock

Un jardin comme les autres ?

Mais l’histoire de Jennifer Owen ne s’arrête pas à l’exploit d’une observatrice patiente. Son jardin a surtout servi de déclencheur : les scientifiques ont voulu savoir si un tel foisonnement relevait d’un cas exceptionnel, ou si les jardins ordinaires pouvaient, eux aussi, devenir de véritables refuges pour la biodiversité. C’est précisément ce qu’ont exploré des études plus récentes, comme le projet British Urban Garden Survey (BUGS) mené par une équipe de l’université de Sheffield (Royaume-Uni). Il a comparé des dizaines de jardins pour identifier les facteurs qui font la richesse du vivant en ville. Conclusion : le jardin de la zoologue ne présentait pas une diversité exceptionnelle.

Ces escargots de Bourgogne se régalent de salade et de carotte, mais il existe des plantes qu'ils apprécient encore plus. Elles sont utiles pour les détourner de nos chers légumes. © Barillo_Picture, Adobe Stock

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Le constat s’étend à notre France. Et les scientifiques sont formels : plus un jardin est varié dans ses strates – herbes, potagers, haies, buissons, arbustes, arbres, etc. – et plus les interventions humaines sont limitées – tontes, pesticides, tailles, etc. -, plus il accueille de biodiversité :

jusqu’à 30 espèces de plantes et 50 espèces d’animaux pour un jardin très entretenu avec pelouse dominante ;jusqu’à 80 espèces de plantes et 150 espèces d’animaux pour un jardin « mixte » ;plus de 80 espèces de plantes et plus de 150 espèces d’animaux pour un jardin « naturel », sans pesticides.

Les jardins européens plus vivants que les forêts tropicales ?

C’est une belle performance, même comparé à ce qui se passe au cœur des forêts réputées pour leur biodiversité. Celle de l’île de Barro Colorado, au Panama, par exemple, abrite 1 400 espèces végétales différentes. Mais elle s’étend aussi sur 675 fois la superficie du jardin de Jennifer Owen. Toutes proportions gardées, le jardin britannique semble donc faire mieux. Sans doute parce qu’au Panama, on trouve plus d’arbres plus grands et qui prennent de la place.

La conclusion, c’est que la biodiversité globale des forêts tropicales humides est bien plus importante que celle de nos jardins. Toutefois, lorsqu’on compare les résultats à petite échelle, le nombre d’espèces recensées peut être étonnamment similaire. Surtout, vous avez le pouvoir d’agir directement dessus. En laissant vivre une haie, en réduisant la fréquence de nos tontes, en variant les plantations, en gardant un sol vivant, en évitant les pesticides ou en ménageant des refuges et des corridors de passage. Des gestes simples qui auront un effet concret sur la biodiversité de votre jardin.


Source:

www.futura-sciences.com

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