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REPORTAGE. "Une économie de 15 000 euros par an" : face à l'envolée des prix des engrais, des agriculteurs optent pour des méthaniseurs

Alors que le prix des engrais chimiques a doublé depuis le début de la crise au Moyen-Orient, les fertilisants naturels, rejetés par les méthaniseurs, permettent à des agriculteurs dans l’Essonne de réduire d’un quart leur dépendance aux engrais importés.


Publié le 16/04/2026 08:02

Temps de lecture : 2min

Les deux méthaniseurs sont deux dômes d’une dizaine de mètres de haut, sur ce site d’Angerville dans le sud de l’Essonne. (EDOUARD MARGUIER / RADIO FRANCE)

Le tiers de la production mondiale d’engrais chimique transite par le détroit d’Ormuz. Conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient : les prix des engrais s’envolent. Sachant que la France est dépendante à 60 % de ces importations d’engrais, des agriculteurs se tournent vers les fertilisants naturels, rejetés par les méthaniseurs qui servent à produire du gaz à base de résidus agricole. « C’est majoritairement de l’orge, et puis on retrouve aussi du triticale et du seigle », indique Victor Rabier, l’un des sept agriculteurs qui alimentent deux méthaniseurs à Angerville, dans le sud de l’Essonne.

Sur ses 140 hectares de terres situés aux alentours, l’agriculteur produit du blé et des pommes de terre. Sur certaines parcelles, il optimise la période entre la moisson et le semis. « L’objectif, c’est de ne pas perdre l’objectif premier d’exploitation : produire de la nourriture. Mais entre chaque culture, sur une petite partie (7%) de mon exploitation, je produis des cultures qui viennent sur le méthaniseur. » La qualité du gaz produit est contrôlée par le gestionnaire du réseau GRDF. L’installation a de quoi fournir 4 000 foyers pendant un an. Quand les emprunts bancaires contractés pour la construction du site seront remboursés, les agriculteurs en tireront un revenu.

Victor Rabier (à gauche) et Bruno Dupuis (à droite), deux agriculteurs associés qui alimentent le site d'Angerville dans le sud de l'Essonne. (EDOUARD MARGUIER / RADIO FRANCE)

Victor Rabier (à gauche) et Bruno Dupuis (à droite), deux agriculteurs associés qui alimentent le site d’Angerville dans le sud de l’Essonne. (EDOUARD MARGUIER / RADIO FRANCE)

Ce qui les intéresse particulièrement en ce moment, c’est « le déchet » rejeté par les méthaniseurs. « Pendant la fermentation, on enlève toute la partie organique qui permet de produire du gaz. Quand la matière sort, on appelle ça le digestat. » Ce dernier se révèle être un très bon substitut aux engrais chimiques, dont le prix a doublé depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Il atteint 500 euros la tonne en ce moment. « Ça représente, à l’échelle globale de mon exploitation, une économie de 15 000 euros tous les ans. »

« Même une année où ça va bien, c’est toujours bon à prendre, mais une année comme celle-ci, c’est indispensable pour maintenir la survie de l’exploitation. »

Victor Rabier, agriculteur utilisant un méthaniseur

à franceinfo

« Ce revenu est très important, puisque vu le cours des engrais, c’est une grosse économie », renchérit son collègue agriculteur et associé Bruno Dupuis. Ce digestat leur permet de diminuer d’un quart leur dépendance aux engrais importés, avec une qualité bien meilleure. « En plus, c’est une matière organique, encore plus assimilable, mieux que du chimique parce que pour les plantes, c’est plus facile à assimiler », ajoute l’agriculteur. Un peu plus de 800 sites de biogaz comme celui-ci sont exploités par GRDF en France.


Source:

www.franceinfo.fr

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