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AccueilPolitiquePrésidentielle 2027 : le potentiel politique de l’abstention

Présidentielle 2027 : le potentiel politique de l’abstention

L’ampleur de l’abstention lors des élections municipales de mars (42,8 % au premier tour et 42,1 % au second) interroge alors même que l’échelon politique municipal reste épargné par la forte défiance envers le personnel politique exprimée au niveau national par les Français. Elle étonne d’autant plus que la figure du maire et son action en proximité avec les préoccupations quotidiennes de ses administrés suscitent soutien et confiance. Si elle est un indice supplémentaire de l’affaiblissement de la norme civique du devoir de voter touchant tous les électorats, bien au-delà des jeunes générations, elle entérine aussi l’érosion du lien des Français à leurs institutions politiques, jusqu’au cœur même de la France locale.

Les logiques sociales de l’abstention sont bien sûr à l’œuvre : les jeunes ont moins voté que leurs aînés, les milieux plus privilégiés davantage que les milieux populaires, ainsi que les habitants des communes rurales par rapport à ceux des grandes villes. Mais l’abstention obéit aussi à d’autres ressorts, notamment politiques, confirmant la part grandissante qu’ils prennent dans la dynamique de l’abstention observée depuis plusieurs années.

Ces municipales, bien qu’investies d’abord par les citoyens au travers de leurs enjeux locaux, ont aussi été l’occasion pour une partie significative d’entre eux de réagir à l’offre politique en décidant de s’abstenir. Les raisons qui en sont données au second tour minimisent la dimension d’indifférence ou de désintérêt pour le scrutin (11 % reconnaissent ne jamais voter et 15 % ne pas être intéressés par ces municipales) au profit de justifications plus politiques : 25 % pour exprimer leur mécontentement à l’égard des responsables politiques, du gouvernement ou d’Emmanuel Macron, 31 % parce qu’aucune liste ou candidat ne leur convenait. S’ajoutent à ces dernières des motifs invoquant un sentiment de mise en doute de l’utilité du vote, en considérant que, les résultats étant connus d’avance, voter ne servirait à rien (31 %) ou que ces élections ne changeraient rien à leur vie quotidienne (24 %).

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Source:

www.lemonde.fr

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