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Mort de Séverine Erhel, la chercheuse qui éclairait le débat sur les écrans

La disparition de Séverine Erhel frappe un champ de recherche devenu central dans le débat public : celui des usages numériques, de leurs effets cognitifs et des représentations qui les entourent.

Professeure des universités à Rennes 2, rattachée au Laboratoire de psychologie, cognition, comportement, communication (LP3C), titulaire de l’HDR, elle travaillait sur les processus cognitifs et affectivo-motivationnels dans les environnements numériques, des jeux vidéo aux réseaux sociaux. Son parcours l’avait aussi conduite à diriger le département de psychologie de l’université entre 2020 et 2022.

Professeure en psychologie du numérique, elle était affiliée au GIS Marsouin et membre du Conseil scientifique de l’éducation nationale depuis juillet 2024. Ses recherches portaient notamment sur l’apprentissage en environnement numérique, l’absorption cognitive, l’anxiété, ainsi que sur les effets des réseaux sociaux sur les variables cognitives, affectives et motivationnelles. Elle travaillait également sur l’apprentissage par le jeu numérique et les interfaces éducatives.

Son décès a été annoncé par Anne Cordier, avec l’autorisation de la famille : Séverine Erhel est morte lundi 13 avril 2026 à Rennes à l’âge de 46 ans. Cette disparition prive l’université, mais aussi le débat public, d’une chercheuse qui savait tenir ensemble exigence scientifique, pédagogie et intervention dans l’espace médiatique sur des sujets souvent saturés d’approximations, d’alarmes morales ou de simplifications hâtives.

Vils écrans ou vides écrans ?

Cette exigence se retrouve dans Les enfants et les écrans, ouvrage co-dirigé avec Anne Cordier chez Retz. Le livre part d’un constat simple : la question des écrans chez les enfants et les adolescents suscite des titres anxieux, des injonctions contradictoires et des diagnostics expéditifs.

Les deux chercheuses y réunissent plusieurs spécialistes pour confronter dix idées reçues à l’état des connaissances scientifiques. L’éditeur résume le projet comme une tentative de distinguer ce qui relève du mythe de ce qui repose sur des résultats établis. L’ouvrage examine ainsi les effets des activités numériques sur les capacités cognitives et les comportements, tout en refusant les clichés et les paniques morales qui obscurcissent le débat.

Ce livre résume bien la place qu’occupait Séverine Erhel dans le paysage intellectuel français : une chercheuse attentive aux usages réels, soucieuse de nuance, décidée à replacer les écrans dans un cadre d’analyse documenté plutôt que dans un registre de condamnation globale. Son travail rappelait que le numérique ne se juge ni par slogans ni par peur, mais par l’examen patient des pratiques, des contextes et des preuves.

Crédits photo : Séverine Erhel © Laurent Guizard

 

 

 

 

Par Cécile MazinContact : cm@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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