La Croix : Après la passe d’armes entre Léon XIV et Donald Trump, et surtout la violente charge de ce dernier contre le pape, le vice-président américain J. D. Vance a appelé lundi 13 avril le Vatican à « s’en tenir aux questions morales ». Comment interprétez-vous cette invective ?
En un sens, J. D. Vance a raison : le registre d’intervention d’un pape n’est pas d’abord politique, mais religieux et moral, au nom de l’Évangile. Malheureusement, il n’a pas compris que c’est précisément sur le terrain moral que se situe ici Léon XIV. Cela confirme que le vice-président américain, pourtant catholique, est un piètre théologien. Le concile Vatican II traite en effet explicitement de cette question, dans la constitution Gaudium et spes, promulguée par Paul VI en 1965. Ce texte majeur reconnaît sans équivoque la légitime autonomie des sphères politique et religieuse. Mais, ajoute le Concile, l’Église doit pouvoir « partout et toujours » prêcher la foi, enseigner sa doctrine sociale, accomplir sa mission… et aussi « porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent ». Nous sommes exactement dans cette situation. D’ailleurs, Donald Trump et J. D. Vance ne s’y sont pas trompés. S’ils ont réagi si fortement, c’est bien parce que ce que dit Léon est d’ordre moral.
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Source:
www.la-croix.com




