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Des livres rituels batak en écorce et en os de buffle désormais accessibles en ligne

Quatre manuscrits batak conservés par la Library of Congress viennent d’entrer dans le domaine du consultable à distance. Dans un billet publié le 23 mars, la bibliothèque relate la numérisation de quatre volumes en langue batak, photographiés durant trois journées de juillet et d’août 2025 par des équipes de l’Asian Division, de la Collections Digitization Division et de la Conservation Division.

L’un d’eux retient l’attention : ses plats sont taillés dans des vertèbres de buffle d’eau sculptées en forme de lézard.

Un nom, plusieurs groupes

Le mot batak ne désigne pas un peuple unique, mais un ensemble de groupes étroitement apparentés du centre-nord de Sumatra, en Indonésie. Cette appellation recouvre notamment les Toba, Karo, Simalungun, Pak Pak, Mandailing et Angkola, qui parlent des langues distinctes de la famille austronésienne et partagent un même système d’écriture. Historiquement, ils sont implantés dans les hautes terres autour du lac Toba.

Les pièces mises en ligne relèvent d’une tradition manuscrite précise. Ces objets ont probablement été produits entre la fin du XIXe siècle et le XXe siècle. Ils se présentent sous forme d’accordéons d’écorce, généralement issue de l’alim, de la famille des Aquilaria. L’un des exemplaires, décrit comme un calendrier divinatoire, porte une figure de lézard associée à une divinité tellurique.

Ce support correspond aux pustaha, livres rituels et divinatoires étudiés de longue date. Dans une étude publiée sur JSTOR, René Teygeler rappelle que le terme désigne ces livres en écorce et qu’il en existe au moins un millier dans des collections publiques ou privées. L’intérêt du groupe numérisé à Washington tient donc moins à l’unicité du type qu’à la rareté des exemplaires conservés et à la possibilité nouvelle d’en examiner les détails sans manipulation directe.

Numériser sans contraindre

Le billet de la bibliothèque décrit un protocole de prise de vue dicté par la fragilité des pièces. Certaines pages n’ont pu être ouvertes qu’à environ 60 degrés afin d’éviter toute tension sur les feuillets. Les équipes ont aussi utilisé une tige acrylique très fine pour maintenir certaines sections pendant la photographie.

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L’importance de cette mise en ligne dépasse donc l’étrangeté visuelle de reliures « couvertes d’os ». L’Asian Reading Room de l’établissement réunit plus de 1 850 pièces rares liées à l’Asie du Sud-Est, dont des textes divinatoires batak. La même institution précise aussi que certains ensembles restent difficiles à repérer dans le catalogue en ligne. La reproduction numérique améliore alors l’accès visuel, mais aussi l’identification d’objets peu aisés à consulter.

Le 23 mars, la bibliothèque annonçait d’ailleurs que les images haute définition des quatre témoins étaient désormais disponibles sur son site, avec un calendrier batak, deux manuscrits en écriture batak et un texte intitulé Poda ni pagar si jonnga, ou « instructions de protection magique ».

Pour les historiens du livre, les conservateurs et les chercheurs travaillant sur les écritures de Sumatra, l’opération ouvre un accès stable à des pièces rarement visibles dans de bonnes conditions.

Crédits photo : Library of Congress

Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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