La mairie de Paris a adopté, mardi 14 avril, un plan de 20 millions d’euros pour lutter contre les violences dans le périscolaire. Cela fait des années que le secteur est en crise et que les professionnels demandent une hausse des moyens. Un conseil exceptionnel s’est tenu pour évoquer le sujet. Les professionnels du périscolaire se sont réunis devant l’Hôtel de ville.
Publié le : 14/04/2026 – 16:42
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Des pancartes demandant plus de moyens, des gilets et pancartes de syndicats… C’était le décor, mardi 14 avril dans la matinée, devant l’Hôtel de ville de Paris. Les professionnels du périscolaire se sont réunis pour faire entendre leurs revendications. Le périscolaire correspond au temps passé à l’école par les enfants, mais qui n’est pas directement du temps éducatif : l’aide aux devoirs, le goûter ou encore le temps du midi… Ce sont des animateurs qui assurent ces postes. Ils sont d’ailleurs souvent vacataires, ce que regrettent les syndicats.
En France, les écoles, et donc le périscolaire, sont gérées par les villes. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, fraîchement élu, avait fait du périscolaire une priorité lors de sa campagne. Il met donc 20 millions d’euros sur la table pour lutter contre les violences dans le secteur. Depuis plusieurs mois, des scandales ont éclaté, mettant en lumière des violences physiques et sexuelles à l’encontre des enfants. Ces violences existent bien, estiment les professionnels rencontrés devant la mairie de Paris, mais sont minoritaires. Tout en rappelant leur soutien aux victimes et aux familles, ils souhaitent rappeler que le comportement de quelques-uns ne doit pas pénaliser toute la profession. Pour eux, Paris a trop longtemps fermé les yeux sur ces dérives.
Un climat de suspicion généralisée
Emmanuel Grégoire, qui est issu de la majorité sortante, est donc attendu au tournant. « On est en sous-effectif un certain nombre de jours », regrette un directeur du périscolaire dans une école parisienne, qui préfère rester anonyme. « Quasiment tous les jours même », rectifie sa collègue. « Quand on est à moins un, moins deux, c’est une journée normale », ajoute-t-elle. Selon eux, c’est le manque de moyens qui favorise l’émergence de certaines violences.
Depuis les scandales récents, les animateurs vont « travailler la boule au ventre ». C’est ce que confie Éric Leclerc, responsable éducatif de la ville dans une école et délégué au sein du syndicat SUPAP-FSU. « Désormais, la moindre plainte, c’est suspension de l’animateur », explique-t-il, regrettant l’absence d’enquête. Cela mène, selon lui, à un climat de suspicion qui empêche les animateurs, une fois de plus, d’effectuer leur travail correctement. Pour lui, il faut impérativement prendre en charge les victimes et reconsidérer les animateurs pour éviter ce climat.
Paris n’est pas un cas isolé. Les syndicats demandent que des mesures soient prises à l’échelle nationale. Ils réclament un « big bang de l’animation » pour permettre une revalorisation du métier et de sa formation. Selon eux, c’est une des solutions pour permettre d’endiguer les violences dans le secteur et une meilleure prise en charge des enfants.
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Source:
www.rfi.fr




