L’analyse de l’ADN d’un pépin retrouvé dans les latrines d’un hôpital du XVe siècle dans le Nord a révélé qu’il s’agissait du célèbre cépage, mais impossible de dire si le fruit « était consommé comme du raisin de table ou si les gens de l’époque en faisaient du vin ».
Publié le 24/03/2026 22:41
Mis à jour le 25/03/2026 09:55
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C’est un pépin retrouvé dans les latrines d’un hôpital du XVe siècle qui raconte un pan d’histoire de la viticulture en France. Son ADN a révélé qu’il s’agissait d’un pinot noir, reproduit à l’identique jusqu’à aujourd’hui par des techniques de clonage comme le bouturage, selon une étude publiée mardi 24 mars dans Nature Communications. « Le XVe siècle, c’est la fin de la guerre de Cent Ans, c’est Jeanne d’Arc. D’une certaine manière, ça veut dire qu’elle aurait pu croquer le même raisin que nous », s’enthousiasme auprès de l’AFP le paléogénéticien Ludovic Orlando, coauteur de cette étude.
Impossible de dire si le fruit, déniché au milieu d’autres déchets alimentaires dans une « poubelle » médiévale à Valenciennes (Nord), « était consommé comme du raisin de table ou si les gens de l’époque en faisaient du vin », raconte à l’AFP l’archéobotaniste Laurent Bouby, autre coauteur de l’article. Mais le séquençage de son génome a fourni de précieuses indications sur la plante qui l’a porté. A savoir un pied de vigne rigoureusement identique au pinot noir moderne. Ce qui atteste que, depuis au moins 600 ans, ce « cépage de rois » emblématique de la Bourgogne a été reproduit par des générations de viticulteurs grâce à des techniques de « propagation clonale », comme le bouturage.
L’étude, qui a porté sur le séquençage du génome de 54 pépins de raisin datant de l’âge du Bronze (2 300-800 av. J.-C.) jusqu’à la période médiévale, a déjà permis de montrer que la propagation clonale a été « comprise et maîtrisée très tôt dans l’histoire de la viticulture en France », souligne le paléogénéticien. « On en avait des indications dans les textes, mais en dehors de la paléogénomique, il est très difficile de caractériser cette technique-là », note Laurent Bouby, chercheur à l’Institut des sciences de l’évolution-Montpellier.
Source:
www.franceinfo.fr





