Le prix des carburants ne « baissera pas de sitôt », a estimé, lundi 20 avril, le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, juste avant une nouvelle convocation des distributeurs à Bercy, qui n’a pas débouché sur des annonces concrètes.
La figure des centres Leclerc, invité en début de matinée sur Europe 1, table sur « au moins six mois, peut-être jusqu’à l’hiver prochain, de crise énergétique devant nous ». Lors d’une réunion où le ministre de l’économie, Roland Lescure, et le ministre des PME, Serge Papin, ont reçu les distributeurs, « l’Etat a demandé la loyauté des pratiques et de la transparence dans les prix à la pompe », a rapporté Bercy.
« Il y a eu un rappel du gouvernement demandant à tous les distributeurs de manière très ferme de répercuter plus rapidement » à la pompe les baisses de cours, a dit l’Union française des industries pétrolières (UFIP), qui estime que « les distributeurs jouent le jeu ».
Les derniers chiffres de la direction générale de l’énergie et du climat, qui datent de vendredi, font apparaître de timides baisses, de 7 centimes sur le litre de gazole, à 2,24 euros, et de 1,2 centime sur le litre de super sans plomb 95 E10, à 1,98 euro, selon l’UFIP.
Volatilité des cours du pétrole
« Les ministres ont demandé aux distributeurs de carburants un compte rendu précis et objectif de l’évolution et du calcul de leurs marges, qui devra être présenté dans les prochains jours », a fait savoir Bercy, ajoutant que « des entretiens bilatéraux sont organisés entre l’Etat et chacun des distributeurs d’ici jeudi », date à laquelle une nouvelle réunion se tiendra.
La volatilité des cours du pétrole complique les choses : « Ça ne baissera pas de sitôt et si ça baisse, ce que je souhaite, c’est que ce soit du sérieux parce que pour le moment c’est du yoyo », a déclaré Michel-Edouard Leclerc, alors que les prix du pétrole se sont à nouveau envolés lundi après le regain de tensions entre Washington et Téhéran.
Pour Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5 800 stations-service traditionnelles (hors grandes surfaces), le décret de plafonnement des marges, que le gouvernement menace de mettre en œuvre, si les distributeurs ne jouent pas le jeu, n’est pas adapté. « Quelqu’un qui n’a pas été réapprovisionné » depuis la baisse des cours et a donc acheté cher sa matière première « n’a pas les moyens » de répercuter la baisse à la pompe, a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse.
Si le décret devait sortir, il espère que la réunion de jeudi permettra de « trouver la meilleure solution pour que le prix de référence soit fidèle au marché ».
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« C’est impossible aujourd’hui même pour un opérationnel, pour un distributeur, pour un acheteur d’avoir un plan d’achat », a expliqué Michel-Edouard Leclerc, évoquant des « volatilités de 60 centimes quelquefois en une semaine sur un litre ».
Source:
www.lemonde.fr





