Née en 1963 aux États-Unis, Gwynne Shotwell est une ingénieure aérospatiale. Elle grandit dans l’Illinois, avec son père neurochirurgien, sa mère artiste et ses deux sœurs. Elle se découvre un intérêt pour la mécanique lorsque sa mère l’emmène à une conférence de la Society of Women Engineers à l’âge de 15 ans. Elle décroche ensuite un diplôme d’ingénieur en génie mécanique (Bachelor of Science) à l’université Northwestern, suivi d’un master en mathématiques appliquées.
Elle commence sa carrière chez Chrysler, mais comme ce travail ne lui convient pas, elle retourne terminer ses études. En 1988, elle intègre The Aerospace Corporation, qu’elle quitte en 1998 pour devenir directrice de la division aérospatiale chez Microcosm.
Le pilier pragmatique face aux visions d’Elon Musk
En 2002, elle rejoint SpaceX et devient la septième employée de la firme. Elon Musk lui avait proposé un poste qu’elle avait d’abord refusé, avant d’hésiter pendant plusieurs semaines. Puis il l’a rappelée, et elle a été embauchée en tant que vice-présidente du développement commercial. Cette décision se révélera déterminante pour l’avenir de la start-up, puisque Gwynne Shotwell deviendra le bras droit d’Elon Musk. Un ancien employé l’a décrite comme étant la « glu » ou le ciment de l’entreprise.
En 2008, elle devient présidente et directrice des opérations (COO) de SpaceX. La même année, elle est parvenue à décrocher un contrat à 1,6 milliard de dollars avec la Nasa pour le ravitaillement de la Station spatiale internationale, sauvant l’entreprise de la faillite.
SpaceX n’a pas toujours été l’empire industriel dirigé par un militant d’extrême-droite mégalo que l’on connaît aujourd’hui. Avant d’atteindre les sommets dans le domaine de l’aérospatial, l’entreprise avait commencé comme beaucoup d’autres…. Lire la suite
Dans un Ted Talk, lorsqu’on lui demande comment elle est parvenue à construire une relation à plusieurs milliards de dollars avec la Nasa alors que les trois premiers lancements de SpaceX ont explosé, elle répond que « vendre des fusées, c’est une question de relations ». « Lorsque vous n’avez pas de fusées à vendre, l’important c’est de vendre son équipe et le sens des affaires de son P.-D.G. […] et s’assurer de pouvoir répondre immédiatement à tout problème ou question technique ».
Un Ted Talk avec Gwynne Shotwell en 2018. © Ted
Le bras droit d’Elon Musk
C’est elle qui s’assure du bon fonctionnement de l’entreprise, travaillant dans l’ombre d’Elon Musk. Le billionnaire passe de projet en projet, avec ses voitures électriques puis les robots humanoïdes chez Tesla, le rachat de Twitter renommé en X, ou encore le développement de son entreprise d’intelligence artificielle xAI qui a créé Grok. Gwynne Shotwell est reconnue comme la force calmante, faisant le lien entre les projets fous d’Elon Musk et la réalité de l’entreprise. « J’ai toujours trouvé que mon travail était de prendre ses idées et les transformer en objectifs pour l’entreprise », a-t-elle expliqué.

Via SpaceX et xAI, Musk compte créer une constellation d’un million de satellites constituant un gigantesque data-center dédié à l’IA. Les enjeux : une puissance électrique quasi inépuisable, une dissipation thermique plus efficace et la possibilité de contourner les limites physiques des serveurs au sol. Un projet délirant, mais possible…. Lire la suite
Actuellement, elle est concentrée sur les grands projets de SpaceX, dont le lanceur spatial super lourd Starship. Il y a aussi la version modifiée Starship HLS, un atterrisseur lunaire pour le programme Artemis de la Nasa. N’oublions pas aussi Starlink, le réseau de satellites offrant un accès à Internet à travers le monde.
D’ailleurs, son prochain projet sera une évolution de Starlink. « Nous venons tout juste de déposer une demande d’autorisation auprès de la FCC pour déployer jusqu’à un million de satellites dédiés à l’IA », a-t-elle déclaré plus tôt cette année auprès de Time.
Une mégaconstellation de centres de données en orbite autour de la Terre. Elle envisage même la construction de ces satellites directement sur la Lune, ce qui simplifierait leur lancement. « Je serais déçue si nous n’avions pas de colonie sur la Lune et une usine de fabrication en cours de construction sur la Lune d’ici 10 ans ».
Source:
www.futura-sciences.com






