Publié aujourd’hui à 18h26
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Après plus de vingt ans sans exécutions, la peine de mort réapparaît au cœur de l’actualité en RDC. Réactivée en 2024 par le président Félix Tshisekedi, elle est de nouveau prononcée dans les tribunaux. Les autorités présentent la peine capitale comme une réponse à la trahison au sein de l’armée et à l’insécurité qui frappe certaines villes du pays. Selon un rapport publié en avril 2026, l’organisation Ensemble contre la peine de mort en RDC a recensé plus de 900 condamnés à mort entre 2024 et 2025, dans seulement 19 prisons du pays.
À l’échelle nationale, l’organisation estime qu’il y aurait plus de 1 400 condamnés à la peine capitale, plaçant la RDC au deuxième rang africain derrière le Nigeria. Cette évolution suscite des interrogations quant aux choix du pouvoir et à l’état de la justice dans le pays. Elle divise profondément l’opinion. Pour ses partisans, elle traduit la nécessité de restaurer l’autorité de l’État et de sanctionner sévèrement les crimes les plus graves. « La peine de mort, c’est normal, puisqu’il faut arrêter l’hémorragie de la trahison », estime par exemple Emmanuel Agagu, consultant douanier.
Une peine dissuasive ?
À l’inverse, Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits humains (Asadho), dénonce une mesure qui « viole les engagements internationaux » de la RDC. Au-delà du débat politique, une question demeure : la peine capitale est-elle réellement dissuasive ? « À l’époque de Laurent-Désiré Kabila, des centaines de personnes ont été exécutées après une condamnation à mort. Mais cela n’a jamais dissuadé personne. En d’autres termes, c’est un argument plutôt politique que réellement judiciaire », affirme l’avocat Liévin Ngondji.
De son côté, Félix Tshisekedi rappelle que, « à ce jour, aucune exécution n’a été menée » depuis la levée du moratoire.
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Source:
www.jeuneafrique.com






