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Face à la surfréquentation, les Vosges en quête de solutions pour protéger l'environnement de l'afflux de visiteurs

Cascades, lacs glaciaires, petits chemins… Les paysages des Vosges attirent chaque été davantage de touristes. Mais certains sites protégés sont désormais victimes de leur succès : communes, associations et habitants constatent les dégradations et redoutent la surfréquentation. Comment accueillir les vacanciers sans abîmer la nature ? Un nouvel épisode de notre série “Un été à protéger”.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Au cœur de l’été, c’est un îlot de fraîcheur très apprécié. La Grande Cascade de Tendon, la plus longue chute d’eau du département des Vosges. Un trésor de la nature très photogénique et particulièrement apprécié des touristes. « On m’avait vendu ça comme la nature, et c’est le cas », confie une visiteuse. Une jeune femme est aussi séduite : « J’adore, c’est vraiment magnifique, c’est un lieu reposant. » « C’est facile d’accès, c’est très rapide depuis le parking, donc même pour ceux qui sont moins aventureux et qui ne veulent pas faire des grandes randonnées, il y a moyen de venir voir la cascade », complète un autre.

Le parking est littéralement au pied de la cascade. Alors, chaque après-midi, le site se remplit, perturbant la tranquillité du lieu recherché par les habitants. « Quand je suis né, les Vosges n’étaient pas du tout touristiques ou très peu touristiques. Ce n’était même pas connu ici avant », témoigne un voisin. Face à cet afflux de visiteurs, 120 000 personnes par an, la municipalité s’inquiète de la dégradation du site.

« Il n’y a malheureusement pas de toilettes, donc les gens cherchent à faire leurs besoins un peu partout, ce qui est bien dommage. Et puis les gens pique-niquent au frais, donc on retrouve ici et là des détritus. Ce n’est pas agréable pour les visiteurs qui viennent et ce n’est pas bon pour la nature non plus », pointe Céline Duval, première adjointe au maire du Tholy (Vosges). Pour y remédier, la commune envisage d’acheter les terrains autour de la cascade. Elle pourra ainsi l’aménager et la protéger.

Des sites naturels menacés par la surfréquentation. Depuis le Covid, il y en a de plus en plus dans les Vosges. Cela inquiète Joseph Peter, président de la commission environnement du Club Vosgien, l’association chargée d’entretenir les sentiers. « Il y a du macadam partout là, sur le troisième sommet des Vosges », remarque-t-il. Il nous emmène au sommet du Hohneck pour constater l’impact du passage des randonneurs.

« Le premier sentier était ici. Il a commencé légèrement à s’éroder. Alors, on a fait un deuxième sentier là, vous voyez, et on marchait à ce niveau-là. Ensuite, bien sûr, ça s’érode. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Eh bien, on crée un nouveau sentier », constate-t-il. Le piétinement accentue l’érosion de la montagne. Mais il y a des solutions. À une vingtaine de kilomètres, le sommet du Grand Ballon, le Club Vosgien a fermé des sentiers. « C’est marqué là : ‘Ici, on restaure la nature », indique Joseph Peter.

Moins de chemin pour laisser plus de place à la nature et réguler le passage des promeneurs, le résultat est probant. « On n’imagine pas qu’il y a deux ans, pratiquement 100 000 personnes montaient par là. C’est spectaculaire. La nature a des ressources. Ça ne peut que rendre heureux », se réjouit Joseph, qui remarque le résultat. Au sommet, des clôtures définissent les zones accessibles aux promeneurs tout en préservant les prairies fleuries.

Parmi les autres joyaux des Vosges, les lacs glaciaires comme celui des Corbeaux. Pas étonnant que chaque été, il attire beaucoup de monde. Alors, la commune de La Bresse a pris une décision radicale. Elle expérimente l’interdiction de la route d’accès aux voitures les après-midi. Seule une navette gratuite peut passer. Pas de verbalisation, seulement de la pédagogie pour le premier jour d’application. Et pour ceux qui ne souhaitent pas marcher, une navette gratuite dessert le lac depuis la vallée.

« C’est une excellente solution, parce que l’an dernier, c’était le bazar. Il y avait des voitures partout », réagit un habitué. Le dispositif, mis en place par l’intercommunalité, coûte environ 20 000 euros, dont plus de la moitié subventionnée par l’État. Autour du lac, les touristes, comme les locaux, semblent plutôt approuver la mesure. « C’est faisable », estime un père de famille. « S’il y a trop de monde, effectivement, c’est plaisant pour personne, et si ça permet de protéger un peu les lieux, ce n’est pas dérangeant », juge une jeune femme.

Cette mesure permettra-t-elle de trouver le bon équilibre entre l’accueil des touristes et la protection de la nature ? Bilan à la fin de l’été.


Source:

www.franceinfo.fr

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