Trois chroniqueurs proches du parti Pastef d’Ousmane Sonko ont été condamnés, mercredi 5 août, à des peines de prison ferme par le tribunal de Dakar. Ils ont été reconnus coupables d’offense au chef de l’État et de discours contraire aux bonnes mœurs après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ils appelaient au malheur et à la mort de « celui qui a trahi le projet du Pastef ». Une formule largement interprétée comme visant le président Bassirou Diomaye Faye.
Publié le : 05/08/2026 – 21:31
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Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois
Lamignou Darou a été condamné à trois mois de prison ferme. Oustaz Thiep et Ndiaye Touba écopent chacun de deux mois de prison ferme. Les trois hommes devront également s’acquitter d’une amende de 500 000 francs CFA. Le parquet avait requis un an de prison, dont six mois ferme, contre Lamignou Darou, et trois mois de prison ferme contre les deux autres.
Les trois chroniqueurs du média en ligne pro-Pastef Feeñal Digital avaient été interpellés le 28 juillet dans les locaux de leur média, après la diffusion de cette vidéo. À la barre, Lamignou Darou, déjà condamné en octobre pour des faits similaires, a d’abord assumé ses propos avant de se rétracter, assurant ne faire que commenter l’actualité. Oustaz Thiep et Ndiaye Touba ont, de leur côté, soutenu n’avoir cité ni nom ni institution, évoquant de simples vidéos comiques tournées entre amis. Les trois hommes ont maintenu qu’il ne s’agissait que d’une discussion entre amis, sans intention de viser le chef de l’État sénégalais.
Des peines plus lourdes que dans des affaires récentes
Dans des dossiers comparables, la commerçante Adama Ndiaye et le militant Azoura Fall, eux aussi condamnés pour offense au chef de l’État, avaient écopé d’un mois de prison ferme, sur des peines de six mois assorties de sursis.
L’avocat des trois chroniqueurs, Me Aby Nar Ndiaye, s’est dit « à la fois surpris et déçu » par cette décision, estimant que « rien ne permet de retenir ou de situer une quelconque des infractions alléguées par le ministère public ». Selon lui, ses clients « n’ont jamais, jamais, jamais […] parlé du président de la République » et leurs propos relevaient d’« une discussion entre […] des amis ». Cet argument a toutefois été écarté par le procureur, pour qui le destinataire des propos ne faisait aucun doute.
Selon la défense, ces condamnations témoignent d’un climat répressif qui s’inscrit dans la rupture ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, désormais à la tête de l’Assemblée nationale. Les avocats des trois hommes ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel.
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Source:
www.rfi.fr






