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Détenu en Algérie, Christophe Gleizes renonce à la cassation

Christophe Gleizes ne poursuivra pas son recours devant la Cour suprême algérienne. Sa mère et son beau-père l’ont annoncé mardi 5 mai sur France Inter. « Nous avons pris une décision […], que Christophe puisse retirer son pourvoi en cassation », ont-ils déclaré.

Le journaliste de 36 ans avait formé ce pourvoi après la confirmation, début décembre 2025, de sa condamnation par la cour d’appel de Tizi Ouzou. Sa mère avait alors transmis une demande de grâce au président algérien Abdelmadjid Tebboune. Une seconde demande a ensuite été adressée en février, sans réponse annoncée à ce stade.

Pour Sylvie Godard, ce retrait marque un changement de priorité. « Il s’en remet totalement à la clémence du président Tebboune. C’est un acte très fort, très symbolique », a-t-elle expliqué. La famille espère désormais que « le président Tebboune puisse réaliser qu’il faut maintenant la grâce de Christophe ».

Un reportage sur la JSK au départ du dossier

Christophe Gleizes avait été arrêté en mai 2024 alors qu’il travaillait sur un article consacré à la Jeunesse sportive de Kabylie, le club de football le plus titré d’Algérie. Collaborateur de So Foot et Society, il préparait un sujet lié à l’histoire du club. Après son arrestation, il avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire, avant d’être incarcéré après sa condamnation en première instance, fin juin 2025.

La justice algérienne lui reproche des contacts avec des personnes liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, classé organisation terroriste par Alger depuis 2021. Le dossier mentionne notamment des échanges avec un responsable de la JSK également engagé dans ce mouvement. Les poursuites portent sur « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ».

En appel, le parquet de Tizi Ouzou avait requis dix ans de prison et une amende de 500.000 dinars algériens. Le procureur avait affirmé que « l’accusé n’est pas venu en Algérie pour accomplir un travail journalistique mais pour commettre un acte hostile ». La cour avait finalement confirmé la peine de sept ans de prison.

Lors de l’audience, Christophe Gleizes avait reconnu avoir commis « beaucoup d’erreurs journalistiques malgré (ses) bonnes intentions ». Il avait notamment expliqué qu’il aurait dû solliciter un visa de journaliste plutôt qu’un visa touristique. Interrogé sur une rencontre en 2021 à Paris avec Ferhat Mehenni, président du MAK, il avait déclaré ignorer alors le classement du mouvement comme organisation terroriste en Algérie : « J’avais complètement raté cette info. »

Une demande de grâce replacée par la famille

Francis Godard lie la situation du journaliste aux relations entre Paris et Alger. Il faut, selon lui, « faire en sorte que tout ça, se place dans un climat d’apaisement des relations entre la France et l’Algérie », car si Christophe Gleizes est en prison, « c’est aussi en raison du climat d’hostilité entre nos deux pays ». Il estime qu’une « nouvelle étape est en train d’être franchie », notamment après la visite du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en Algérie en février.

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Christophe Gleizes a pu recevoir la visite de sa mère et de son beau-père le 21 avril, dans la prison de Koléa, où il a été transféré. « Il est fort », a assuré Sylvie Godard sur France Inter. « Il nous oblige à être combatifs pour lui », a-t-elle ajouté, décrivant aussi « un très grand bonheur de le découvrir, et après, une immense déchirure de le quitter ».

La condamnation du journaliste a été contestée dès juin 2025 par ses soutiens. Reporters sans frontières a dénoncé des accusations « sans fondement et totalement réfutées ». Franck Annese, fondateur de So Press, groupe auquel appartient So Foot, avait qualifié la décision de « totalement injuste ». Le ministère français des Affaires étrangères avait indiqué « vivement regretter » la condamnation et assuré que « l’ensemble des services demeurent mobilisés pour lui porter assistance ».

Crédits image : Reporters sans frontières

Par Ewen BertonContact : eb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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