L’enquête réalisée par les associations Que Choisir Ensemble et No Plastic In My Sea le confirme, le plastique est partout dans les rayons alimentation. Pourtant, selon Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, « il y a énormément d’emballages dont on pourrait se passer. »
Publié le 06/05/2026 12:09
Mis à jour le 06/05/2026 12:11
Temps de lecture : 2min
Pointé du doigt pour ses conséquences écologiques et sanitaires, le plastique envahit les linéaires des 1600 magasins visités par les enquêteurs de Que Choisir Ensemble et No Plastic In My Sea. Et les dernières tendances ne sont pas encourageantes. Le rayon boissons, qui représente à lui seul 40% des plastiques à usage unique dans la grande distribution, a vu ses ventes progresser de 3,3% sur un an, alors que le vrac, lui, est en net recul. « Il faut interdire les emballages plastiques lorsqu’il y a des alternatives », préconise Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, spécialiste des usages du plastique et auteure de Plastique, le grand emballement publié chez Stock.
franceinfo : est-ce que les consommateurs sont responsables de l’omniprésence du plastique dans les magasins ?
Nathalie Gontard: Les consommateurs achètent ce qu’on leur propose. S’il n’y a pas d’offre, il n’y a pas de demande, c’est l’économie de marché. Or les industriels et la grande distribution proposent énormément de produits sous plastique. S’ils faisaient un effort pour proposer des produits avec beaucoup moins, ou le strict minimum de plastique, je pense que le consommateur s’adapterait sans aucun souci. Nous continuons à considérer les plastiques comme des matériaux sans risques, dont l’usage ne porte pas à conséquence. Mais il faut rappeler que ces plastiques émettent des micro et des nanoplastiques, des polluants persistants sur des siècles qui ont des conséquences très importantes sur la santé, l’environnement, non seulement pour nous, mais aussi pour les générations à venir. J’ai l’impression qu’on l’oublie très facilement.
Les consommateurs achètent ce qu’on leur propose. S’il n’y a pas d’offre, il n’y a pas de demande.
Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, spécialiste des usages du plastiqueà franceinfo
Comment se débarrasser du plastique, alors que pendant des années, on l’a considéré comme un allié de la sécurité alimentaire ?
Les bénéfices du plastique sont démontrés pour certains produits, mais il y a aussi énormément d’emballages dont on pourrait se passer. Avons-nous vraiment besoin des champignons coupés en morceaux, des concombres, des mandarines et des melons prédécoupés ? Ces emballages sont préjudiciables à la santé du consommateur, à son portefeuille et à la santé économique du pays.
Quelles sont les solutions ?
Il faut d’abord appliquer les lois qui ont été votées, aller vers des formats utiles et éviter les microformats, utiliser d’autres emballages, développer le vrac. Dans les rayons des supermarchés, les rayons fruits et légumes aujourd’hui, on trouve des sacs en papier kraft, ça marche très bien et personne ne s’en plaint. Il faut interdire les emballages plastiques lorsqu’il y a des alternatives, mais aussi lorsqu’ils ne sont pas strictement utiles. Il faut vraiment arbitrer en faveur des usages essentiels et fixer des objectifs clairs à tous les acteurs économiques pour qu’ils réduisent les usages inutiles, aberrants.
Source:
www.franceinfo.fr





