S’exprimant à l’ouverture du 5e Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a souligné que les technologies numériques, y compris l’intelligence artificielle (IA), reproduisent et amplifient les préjugés existants à l’encontre des personnes d’ascendance africaine.
Au-delà des technologies numériques, ces constats s’inscrivent dans une réalité plus large et quotidienne. « Partout dans le monde, les personnes d’ascendance africaine sont confrontées quotidiennement à une discrimination, une exclusion et une déshumanisation spécifiques et préjudiciables, que ce soit à l’hôpital, en classe, sur leur lieu de travail ou lors de leurs interactions avec les forces de l’ordre », a fustigé Volker Türk.
Le Haut-Commissaire a ensuite élargi son propos en rappelant que cette réalité s’inscrit dans la durée, malgré certains progrès. 25 ans après l’adoption du Plan d’action de Durban, plusieurs États ont adopté des lois anti-discrimination.
Des injustices profondes transmises de génération en génération
Certains ont pris des mesures en faveur d’une justice réparatrice pour le colonialisme, l’esclavage et la traite des Africains réduits en esclavage. « C’est essentiel pour démanteler le racisme systémique », a ajouté M. Türk.
Dans toutes les régions, les taux de pauvreté parmi les personnes d’ascendance africaine sont systématiquement plus élevés.
« Pourtant, si l’on observe la situation mondiale, les progrès sont inégaux et fragiles – et, dans certains cas, font l’objet d’un recul ».
Dans toutes les régions, les taux de pauvreté parmi les personnes d’ascendance africaine sont systématiquement plus élevés, en particulier chez les femmes, les jeunes et les personnes victimes de formes de discrimination croisées.
Les personnes d’ascendance africaine continuent de subir de plein fouet la dégradation de l’environnement, notamment la pollution et les phénomènes météorologiques extrêmes.
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), ces réalités quotidiennes trouvent leur origine dans des générations de souffrances ignorées et de responsabilités éludées — héritage direct du colonialisme et de l’esclavage.
« Parfois, elles trouvent même leur origine dans des tentatives de réécriture de l’histoire », a-t-il fait valoir, relevant que les conséquences de « ces injustices profondes se répercutent sur plusieurs générations ».
Pour l’adoption de lois et politiques antiracistes
Dans cette perspective, le Haut-Commissaire a identifié plusieurs pistes pour guider les efforts en faveur de la justice raciale et de l’égalité. Il plaide ainsi pour l’adoption et l’application de lois, de politiques et de pratiques antiracistes, qui peuvent jeter les bases de sociétés plus sûres, plus justes et plus inclusives, dans lesquelles les personnes d’ascendance africaine peuvent s’épanouir.
En attendant, de nombreux pays ne disposent toujours pas de législation antiraciste, et moins d’un quart d’entre eux ont adopté des lois anti-discrimination exhaustives.
Au-delà de ces lacunes persistantes, le Haut-Commissaire appelle à élargir les réponses à d’autres leviers d’action. Une façon de rappeler que les jeunes d’ascendance africaine sont trop souvent exclus des décisions qui ont un impact sur leur vie.
Enfin, M. Türk insiste sur la nécessité d’inscrire ces efforts dans une perspective de justice réparatrice. A cet égard, le Chef des droits a salué la récente déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU selon laquelle la traite des esclaves africains constituait un crime contre l’humanité.
Source:
news.un.org




