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« Une partie des patrons n’hésitent pas à frayer avec le RN, qui nourrit, à l’égard des syndicats, une méfiance ayant de quoi les alerter »

Toutes proportions gardées, la polémique développée autour des professions habilitées ou non à travailler le 1er-Mai ressemble à ce qui avait empoisonné la fin du quinquennat de François Hollande. Adopté le 17 février 2015 grâce à l’article 49.3, le projet de loi pour la croissance et l’activité défendu par Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, se donnait, entre autres, pour ambition de déverrouiller l’économie française. Les dispositions concernant la libéralisation du travail du dimanche avaient mis les syndicats et la gauche sens dessus dessous et obligé le président de la République à déminer le sujet, alors qu’une compétition à qui serait le plus libéral s’était engagée entre son premier ministre, Manuel Valls, et l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée récemment promu.

Ce rôle de démineur est aujourd’hui tenu, à propos du 1er-Mai, par Sébastien Lecornu. Le premier ministre est confronté à une compétition entre la droite sénatoriale et une partie du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, pilotée par Gabriel Attal, qui préfigure la bataille présidentielle de 2027 : au nom de la défense de la valeur travail et de celle du pouvoir d’achat, devenu la première préoccupation des Français, il s’agit de faire tomber un maximum de tabous quitte à prendre les syndicats de front.

La proposition de loi que l’un et l’autre défendaient visait à étendre à un nombre assez substantiel de professions (commerces de bouche, mais aussi activités liées au spectacle) l’autorisation de travailler le 1er-Mai, moyennant le doublement de la rémunération des salariés volontaires. Ce projet a été unanimement dénoncé par les syndicats et les partis de gauche. Ces derniers l’ont interprété comme une attaque en règle contre un jour férié symbolique, résultat des luttes parfois meurtrières menées dans le passé en faveur de l’émancipation des travailleurs.

Incompréhension réciproque

Leur colère a conduit Sébastien Lecornu à recadrer rapidement le débat après notamment une discussion avec le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure : seuls les salariés sous contrat avec des fleuristes et des boulangers indépendants pourront travailler le 1er-Mai s’ils se portent volontaires et sont rémunérés doublement. Le sort des autres est renvoyé à une négociation de branche dont on ignore la longueur et l’issue.

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Source:

www.lemonde.fr

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