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Édito. S’aimer en public pour exister en politique, les codes immuables de la présidentielle

À un an de l’élection, les prétendants à l’Élysée mettent en scène leur intimité pour exister médiatiquement. Une stratégie bien rodée, que la nouvelle génération politique n’entend surtout pas remettre en cause. Après Jordan Bardella mi-avril, c’est au tour de Gabriel Attal de se plier à l’exercice.


Publié le 21/04/2026 07:55

Temps de lecture : 3min

Gabriel Attal a choisi TF1 et Sept à huit, dimanche 19 avril, pour raconter son « coup de foudre » pour son compagnon. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

C’est le printemps, les candidats à la présidentielle fleurissent à un an de l’élection. Et, savez-vous à quoi on reconnaît un candidat qui entre vraiment dans la course à l’Élysée ? Il met en scène sa vie privée et dévoile son intimité au grand public. La semaine dernière, c’était Jordan Bardella et sa princesse, Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, duchesse de Calabre et de Palerme, héritière italienne d’une famille royale parmi les plus fortunées de la jet-set internationale, et influenceuse de 22 ans pour produits de luxe.

Cette semaine, c’est Gabriel Attal qui raconte l’histoire de son couple, séparé puis ressoudé, avec l’ancien ministre et aujourd’hui vice-président exécutif de la Commission européenne, Stéphane Séjourné. Jordan Bardella avait choisi les pages de Paris Match, puis le plateau du 20 heures de France 2, pour « assumer de ne plus se cacher » et dire « ce qui relève de l’évidence dans notre vie intime ». Gabriel Attal a choisi, lui, TF1 et l’émission Sept à huit, dimanche 19 avril, pour raconter son « coup de foudre » pour son compagnon, « l’amour de sa vie », dit-il : un couple fait de hauts et de bas, qui a finalement surmonté « l’épreuve » d’une séparation de deux ans pour se retrouver.

Des politiques qui exposent leur vie privée, ça n’a rien de neuf. Ils l’ont tous fait, ou presque. Giscard d’Estaing fait figure de pionnier. Et Nicolas Sarkozy reste un modèle en la matière. Il y a déjà une vingtaine d’années, on a eu droit au couple fusion avec Cécilia, puis au départ de l’épouse au bras d’un autre, et enfin à l’idylle avec Carla : « C’est du sérieux ! » Emmanuel Macron aussi a collectionné les unes de Paris Match avec Brigitte. Mais ce qui frappe, c’est que Jordan Bardella, 30 ans, et Gabriel Attal, 37 ans — deux histoires de couple aux antipodes, des convictions politiques inconciliables, opposés en tous points, presque deux France — sont en fait jumeaux en communication. Et cette jeune génération TikTok-selfies ressuscite les vieilles recettes people de ses aînés.

En politique, aujourd’hui, exister, c’est s’afficher, presque s’exhiber. Le poids des egos, le choc des photos ! Et puis c’est « être libre » ! Vous avez remarqué : le mot « libre », c’est l’autre indice qui veut dire qu’on est candidat. Édouard Philippe était « loyal et libre » vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Bon, il n’est plus que « libre ». Jordan Bardella est « libre » de se montrer avec sa princesse. Et Gabriel Attal sort un livre qui s’intitule En homme libre, évidemment. Édouard Herriot disait que « la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié… ». De nos jours, quand on oublie les projets de société et les débats de fond, il reste la com’…


Source:

www.franceinfo.fr

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