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Travail le 1ᵉʳ-Mai : Yaël Braun-Pivet pointe « la responsabilité du gouvernement », après le recul de Sébastien Lecornu sur la proposition de loi

Ça tangue dans le camp présidentiel, au sujet de la proposition de loi visant à autoriser le travail de salariés le 1er-Mai. Au lendemain de l’annonce du premier ministre, Sébastien Lecornu de ne pas convoquer la commission mixte paritaire sur le texte pour permettre de relancer le dialogue avec les syndicats – qui rejettent en bloc le texte –, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est dite « déçue » et déplorée « un échec », sur RTL, mardi 14 avril.

« C’est un échec de la concertation, et je trouve que c’est symptomatique de ce qui se passe dans notre pays. On ne discute pas, on ne dialogue pas et on arrive à ce résultat-là », a-t-elle fustigé, relevant un « problème de méthode ». Pour la présidente de l’Assemblée nationale, la faute incombe à l’exécutif. « C’est la responsabilité du gouvernement, qui n’a pas négocié avec les organisations syndicales alors qu’il avait plus d’un an pour le faire », a-t-elle estimé, ajoutant : « Le résultat, c’est quand ça arrive dans l’Hémicycle [de l’Assemblée nationale], patatras, ça ne se passe pas bien et on se met à négocier le vendredi soir. »

Face au risque d’obstruction de la gauche lors de l’examen en séance publique vendredi, les députés macronistes – dont le président du groupe, Gabriel Attal, a porté cette proposition de loi – sont parvenus à faire adopter une motion de rejet pour permettre l’accélération de la navette parlementaire. Grâce à la motion de rejet, le texte pouvait être adopté sans que les députés l’aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP) qui devait être réunie initialement mardi. Mais, confronté à l’opposition unanime des syndicats et la menace d’une motion de censure par les groupes de gauche, le gouvernement a décidé de temporiser lundi soir en ne convoquant pas de CMP. Cette instance à huis clos permet à sept députés et sept sénateurs de trouver un texte de compromis entre les deux Chambres.

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« J’ai entendu les inquiétudes des organisations syndicales et je veux être clair, le 1er-Mai n’est pas une journée comme les autres. C’est la journée des travailleurs et des travailleuses, c’est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles », a assuré le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, à l’issue d’une réunion avec les cinq syndicats représentatifs (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC).

Sébastien Lecornu reconnaît des « inquiétudes »

Sur X, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a affiché son souhait de relancer « un dialogue social approfondi avec les partenaires sociaux sur le périmètre des activités et commerces concernés par un travail le 1er-Mai. Seul un dialogue de branche le permettra ».

« Il est également urgent dans cette démarche de se recentrer et de prioriser les commerces indépendants de la boulangerie et des fleuristes. C’était notre priorité. Force est de constater qu’elle s’est diluée, créant des inquiétudes qui ont fragilisé la proposition de loi », a-t-il ajouté. La proposition de loi macroniste aurait, en effet, permis le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité, comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres…).

« La CGT et les organisations syndicales ont obtenu que le gouvernement ne passe pas en force sur le 1er-Mai », a salué dans la foulée la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. « La loi ne sera donc pas modifiée demain et le 1er-Mai restera un jour exceptionnel, férié et rémunéré. » Et cette dernière s’est félicité « qu’on ait enfin quitté le monde des mythos de Gabriel Attal pour revenir à la raison ».

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L’ancien premier ministre a, lui, « déploré » la décision de M. Lecornu et lui a demandé de « donner instruction aux administrations et aux inspections concernées de ne pas sanctionner les artisans qui feront le choix d’ouvrir le 1er-Mai prochain ». Selon la loi, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. Toutefois, le code du travail admet aujourd’hui qu’un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais il doit travailler seul ou presque (avec des membres de sa famille non salariés). A défaut, il risque une amende de 750 euros par salarié concerné (1 500 euros si c’est un mineur).

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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