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Soldat français tué au Liban : "Les Français de Deir Kifa sont là pour défendre les autres Casques bleus", explique le journaliste Frédéric Martel


Publié le 18/04/2026 21:32

Temps de lecture : 3min – vidéo : 19min

Frédéric Martel, auteur de « Occidents, enquête sur nos ennemis », était l’invité de « Tout est politique » samedi 18 avril. Le journaliste et écrivain a répondu aux questions de Myriam Encaoua sur la Force intérimaire des Nations unies au Liban, dont faisait partie le militaire français tué.

Ce texte correspond à la retranscription d’une partie de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.

Myriam Encaoua : Avant d’en venir à votre démarche, à ce travail titanesque que vous menez depuis huit ans, rebondissons sur l’actualité. Vous connaissez parfaitement cette région du sud du Liban et Deir Kifa, exactement là où a été tué ce soldat.

Frédéric Martel : En fait, j’ai eu l’occasion de vivre quelque temps avec les soldats de la base de Deir Kifa. C’est la base des Français, la base principale. C’est d’ailleurs des soldats qui ont une particularité. On a 700 Français et leur particularité, c’est d’être là pour défendre les autres Casques bleus. Ce sont les seuls qui sont très armés.

Expliquez-nous ce corps particulier.

Vous avez des Casques bleus de plusieurs pays. Vous avez des Indonésiens, des Indiens un peu partout sur ce qu’on appelle la ligne bleue, c’est-à-dire toute la frontière entre Israël et le Liban, donc de l’extrême-ouest autour de Naqoura jusqu’aux fermes de Chebaa, c’est-à-dire presque la Syrie. Et là, il y a différentes bases. Et notre base, celles des Français, c’est Deir Kifa. Ce sont des Français avec quelques Finlandais qui sont d’ailleurs assez drôles parce qu’ils ont aussi leur sauna… Mais ce qui est important, là, c’est, qu’au fond, ce sont des soldats qui sont là pour la défense des autres Casques bleus. Les Français sont particulièrement armés. Il y a aussi énormément de moyens de renseignement, ce qui fait que, quoi qu’il se passe sur la ligne bleue, on est au courant. Et évidemment, la mort de ce sergent-chef Florian Montorio est extrêmement touchante parce que ce sont des gens qui défendent la paix. Ce sont des Casques bleus, ce ne sont pas des militaires, et qui sont pris en tenaille entre Israël et l’armée libanaise, où en fait l’armée libanaise n’est pas libanaise, plus précisément, c’est le Hezbollah. Dans le sud du Liban, en réalité, le Hezbollah a infiltré tous les échelons de l’armée, au moins à un niveau important.

C’est pour ça qu’elle n’arrive pas à désarmer le Hezbollah ?

C’est pour ça que tous ceux qui disent « on va désarmer », c’est bien gentil, mais il faut les désarmer avec la force. C’est le Hezbollah.

Vous pensez que cette mission de la Finul a vraiment son utilité ? Alors qu’on connaît à quel point sa mission… Ils ont les mains liées, ils ne peuvent pas utiliser leurs armes. C’est du maintien de la paix. Ils ne peuvent même pas s’interposer ?

Non, ils peuvent utiliser leurs armes que dans le cadre de la légitime défense, mais en l’occurrence, ce qui est essentiel, c’est de comprendre qu’ils sont vraiment là pour observer. Ce sont des Casques bleus. C’est déjà très utile, parce qu’en réalité, on sait grâce à eux ce qui se passe sur toute la ligne bleue.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

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