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Voyance, les dérives d'une pratique qui séduit de plus en plus


Publié le 18/04/2026 20:58

Temps de lecture : 5min – vidéo : 4min

Secteur en expansion qui représente 3,5 à 4 milliards d’euros, la voyance et ses dérivés font de nombreux adeptes, en vrai comme sur les réseaux sociaux. Mais nul n’est à l’abri d’une escroquerie ou de méthodes peu scrupuleuses.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Argent, amour, qui n’a jamais voulu connaître son avenir, trouver les réponses dans les cartes ou une boule de cristal ? La voyance, un art divinatoire qui suscite de l’espoir. Mais à trop y croire, gare aux déboires. À Marseille (Bouches-du-Rhône), quand certains prient la Bonne Mère, d’autres viennent chercher des réponses dans les cartes de tarot de Louise Térive. Son client, Lucas Bonanno, un musicien de 31 ans, espère que les astres lui seront favorables cette année, notamment côté cœur.

Louise Térive, est cartomancienne déclarée et exerce en toute légalité. Car la voyance est une activité légale en France. Elle fixe elle-même ses tarifs : 80 euros la séance d’environ une heure. Et affirme ne voir ses clients qu’une à deux fois par an : « Je n’aime pas du tout la sensation d’avoir trop de pouvoir sur la vie des gens. Donc je suis très attentive à ça ». Sa méthode ? Conseiller ses clients plutôt que leur annoncer des vérités définitives. Et c’est ça qui leur plaît. « Souvent, c’est assez pertinent. Du coup, je le garde comme une espèce de petite lumière ajoutée sur certaines choses », confie Lucas Bonanno.

La voyance est devenue une passion virale depuis le Covid : 15 millions de consultations. Exit Madame Irma, les voyants ont investi le net. Les sites proposant de lire votre avenir sont pléthoriques. Même les réseaux sociaux s’y sont mis. Le secteur représente 3,5 à 4 milliards d’euros, de quoi susciter des vocations, car selon les formateurs que nous avons consultés, devenir voyant, rien de plus simple. Pas besoin de dons pour faire illusion. « Il n’y a pas de dons en fait, ce sont des prédispositions. Ça, c’est une fausse croyance qui circule, mais en fait non », nous explique-t-on.

Une autre formatrice me promet même une formation accélérée : « Ça se passe en deux jours pour commencer. Vous allez avoir une belle base pour pouvoir commencer à tirer les cartes, parce que dans les deux jours, si vous êtes d’accord, vous avez la possibilité de faire un tirage de cartes par téléphone ou en présentiel avec de vrais clients ».

Aucun diplôme officiel ne valide évidemment ces formations et certains y voient de la manipulation et de l’arnaque. Lola a été victime d’un charlatan. Mère célibataire de deux enfants, elle a fait appel à une voyante trouvée sur les réseaux sociaux, espérant ainsi régler ses nombreux problèmes. « Elle m’avait dit que j’allais trouver un appartement, que j’allais avoir de l’argent, que le père de mes enfants allait revenir à la maison. Je me suis fait avoir parce que c’était un moment de ma vie où j’essayais de me raccrocher à quelque chose, que j’étais très vulnérable et que je me disais au moins une personne qui m’écoute et qui me montre du bien », déplore-t-elle.

Lola n’a jamais rencontré cette voyante. Toutes les séances se faisaient au téléphone. Au total, Lola s’est fait escroquer de 2 500 euros. « J’ai eu des dettes et j’étais tellement dans un truc où je n’étais pas bien. Déjà, je ne faisais plus attention à personne. Je me suis mise à boire de l’alcool », raconte-t-elle. Lola a mis un an avant de se libérer de l’emprise de cette voyante.

Mais alors, comment expliquer que l’on puisse se laisser berner, croire si facilement aux prédictions ? C’est ce que l’on appelle l’effet Barnum. Clément Freze est mentaliste. Il l’utilise pour divertir ses spectateurs. « Cet effet Barnum, en fait, c’est tout simplement comme l’horoscope des phrases qu’on peut lire dans n’importe quel sens et qui semblent nous coller au plus profond de nous-mêmes alors qu’en fait, elles collent à tout le monde dans un sens général. Un exemple. Je prends les mains de quelqu’un je dis : ‘Je sens une grande blessure dans votre enfance’. Grande blessure dans l’enfance, ça peut être une chute à vélo assez dure ou ça peut être un abandon parental », détaille-t-il. Malgré les flous qui entourent la pratique, un Français sur quatre a déjà consulté un voyant ou un astrologue.


Source:

www.franceinfo.fr

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