Très chassée par le passé, la population castor s’est refait une santé depuis son classement en espèce protégée au XXe siècle. Un atout pour lutter contre le réchauffement climatique car ces rongeurs aident à le réguler.
Publié le 12/04/2026 11:00
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Une équipe anglo-suisse de chercheurs vient de démontrer que les castors, dont on fêtait le 7 avril la journée internationale, nous aident à réguler le climat. Mais comment fait un simple rongeur pour impacter l’atmosphère d’une planète ? Il fait ce qu’il sait faire de mieux : ronger.
Les castors passent leur temps à couper des arbres pour établir des barrages sur les cours d’eau, dans le but de maintenir le niveau d’eau et garder l’entrée de leur nid cachée sous la surface. On sait depuis longtemps que par ces ouvrages, maître castor protège des régions entières des crues, des sécheresses, et favorise la biodiversité en créant des zones humides. Mais une question demeurait : quel impact ont ces zones humides sur le climat car les marécages émettent du méthane. On y voit des bulles de gaz à effet de serre.
Globalement, le castor compense cet impact carbone, d’après les écologues. Les zones humides « made in castor » accumulent des débris végétaux, qui se transforment en vase et enrichissent les sols, tandis qu’au-dessus, de nouvelles plantes captent du carbone. Le bilan global est très positif. Une rivière stocke dix fois mieux le carbone avec les castors que sans. Sur un seul marécage en Suisse, 1 100 tonnes de carbone ont été stockées en 13 ans. Si on réintroduisait les castors dans toute la Suisse, cela compenserait 1 à 2% des émissions de tout le pays.
En Europe, le castor était jadis très abondant, mais a été très chassé. D’abord pour sa chair, que l’Église recommandait de manger pendant le carême car il a une queue de poisson (donc on le considérait comme un poisson), puis pour son huile utilisée en parfumerie et sa fourrure. Puis c’est la destruction de son habitat qui a failli en avoir raison. Heureusement, enfin protégés au XXe siècle, les castors sont passés en France d’une petite centaine en 1900 à plus de 20 000 aujourd’hui, et toute l’Europe suit la même dynamique.
Ça ne résoudra pas le réchauffement climatique, le seul moyen pour cela est de réduire nos émissions, mais ça nous montre que la biodiversité est notre première alliée pour garder une planète habitable. La science souhaite donc au père castor, qui nous raconte ses histoires de résilience, de continuer à faire barrage à la catastrophe climatique.
Source:
www.franceinfo.fr




