Comme un pied de nez à l’époque. A l’heure du tout-numérique et de l’IA triomphante, des piles de vieilles cartes, de relevés géologiques jaunis et des tas de cailloux peuvent se révéler être une mine d’or – littéralement. Les documents en question, venus de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC), s’alignent sagement sur un demi-kilomètre dans les sous-sols de l’AfricaMuseum de Tervuren, près de Bruxelles, vaste ensemble construit à la fin du XIXe siècle pour affirmer ostensiblement la puissance coloniale belge. La paperasse dort là depuis au moins six décennies, rarement dérangée par quelque chercheur ou prospecteur minier. Et puis soudainement, en ce début d’année 2026, elle suscite une certaine hystérie.
La passe d’armes peut se résumer ainsi : le musée de Tervuren et sa tutelle, le gouvernement fédéral belge, refusent d’octroyer l’accès à ces archives à KoBold Metals, société minière américaine présente depuis peu en RDC et qui compte de grands noms comme Bill Gates et Jeff Bezos parmi ses investisseurs indirects.
« La Belgique ne peut pas accorder un accès privilégié et exclusif à une société privée étrangère avec laquelle elle n’a aucun lien contractuel », a affirmé en février Vanessa Matz, la ministre du numérique et de la politique scientifique belge. « Faux et archi faux », rétorque au Monde le directeur de KoBold en RDC, Benjamin Katabuka. L’entreprise clame que sa demande n’est ni « privilégiée » ni « exclusive », mais au service du gouvernement congolais.
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Source:
www.lemonde.fr





