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Les punitions corporelles créent "des difficultés dans le développement de l'enfant", souligne la Fondation pour l'enfance

Les violences éducatives ordinaires reculent à peine en France. Selon le baromètre 2026 de la Fondation pour l’enfance, plus d’un tiers des parents y ont encore recours malgré leur interdiction. Un constat qui révèle les effets de ces violences sur le développement de l’enfant.


Publié le 17/04/2026 11:41



Mis à jour le 17/04/2026 11:42

Temps de lecture : 3min

Selon le baromètre 2026 de la Fondation pour l’enfance, plus d’un tiers des parents ont encore recours aux violences éducatives ordinaires malgré leur interdiction. (bymuratdeniz / E+)

Corriger les enfants pour mieux les éduquer, une pratique qui semble dater de quelques décennies en arrière. Cependant, sur l’année écoulée, plus d’un tiers des parents reconnaissent avoir usé de la fessée ou de la claque pour punir leur enfant, révèle le baromètre 2026 de la Fondation pour l’enfance sur les violences éducatives ordinaires avec l’Ifop, vendredi 17 avril, auquel franceinfo et France Inter ont eu accès.

Quelque « 36% des parents légitiment la fessée à des fins éducatives », selon cette étude de la Fondation pour l’enfance. La Fondation regrette une « légitimité persistante des punitions corporelles et une banalisation forte des violences psychologiques ».

« Sur les punitions corporelles, on est sur un recul vraiment très léger », révèle Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’enfance. Une inaction qui s’explique notamment par un manque « de communication et d’information à destination des parents » sur la loi de juillet 2019 qui interdit les violences éducatives ordinaires, explique Joëlle Sicamois. Il faudrait « expliquer pourquoi elle avait été votée, pourquoi il y a des impacts négatifs. Pédagogiquement si on interdit sans expliquer, cela ne fonctionne pas. »

« Une petite tape sur les fesses ou sur la cuisse, parce qu’ils n’écoutent pas », « une petite fessée pour dissuader », ces actes dont témoignent des parents qui racontent leur quotidien avec leurs enfants ne sont pas « anodins » estime la directrice de la Fondation pour l’enfance. « D’abord, il faut rappeler que c’est interdit. Et puis, l’enfant va intégrer que ses émotions ne sont pas entendues. Il va comprendre que face à ses émotions qu’il n’arrive pas à maîtriser, la réponse de l’adulte, c’est de le taper ou de ne pas les accueillir et il va donc se les couper. C’est cela qui crée de la difficulté dans le développement de l’enfant derrière. »

Ces comportements ont également de grandes chances d’être réitérés par l’enfant une fois adulte, un problème que Joëlle Sicamois pointe du doigt. « Les enfants se nourrissent de ce qu’ils observent. On a des chiffres dans le baromètre qui montrent que 67 % des parents reproduisent la propre éducation qu’ils ont reçue et c’est 79 % lorsqu’ils ont été eux-mêmes punis corporellement ou psychologiquement. »

En cas d’énervement ou de mots durs envers son enfant, « il faut s’alerter », le bon comportement à adopter est d’abord de s’excuser puis « d’expliquer que cette réaction n’est pas normale, elle est due au fait que l’on n’arrive pas à se maîtriser soi-même », atteste Joëlle Sicamois. « L’enfant va comprendre qu’il doit lui aussi apprendre à maîtriser son émotion, comme l’adulte doit apprendre à le faire. »

Pour changer cette culture de violence, qu’elle soit physique ou verbale, la directrice de la Fondation pour l’enfance appelle l’État à « prendre sa part », via des campagnes de communication. Mais également à chacun de réfléchir sur sa « vision de l’éducation et de sa finalité », suggère-t-elle. « Pourquoi on éduque des enfants ? Pas pour les faire obéir, ça n’est pas la finalité d’une éducation. On éduque des enfants pour leur permettre de s’épanouir, pour leur permettre d’être intelligents, pour leur permettre de devenir des citoyens capables de faire vivre notre démocratie. »


Source:

www.franceinfo.fr

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