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« Le grain de sable social est la dépendance à la voiture dans un système économique où les salaires trop bas ne permettent plus de financer la maison et le carburant »

La guerre au Proche-Orient nous rappelle notre vulnérabilité face à la fluctuation des prix des énergies fossiles. Une des principales répercussions dont les politiques tentent de se saisir se trouve dans la hausse des prix des carburants. Elle impacte de nombreux secteurs économiques et complique particulièrement la situation financière des ménages dépendants de leur véhicule pour les déplacements quotidiens. La responsabilité est cherchée du côté des belligérants du conflit ou des énergéticiens qui profitent de l’augmentation de ces prix. Elle peut être aussi du côté des politiques énergétiques, qui ne se tournent pas assez vite vers les énergies alternatives aux énergies fossiles, ou des constructeurs automobiles, qui s’attachent encore à la voiture thermique.

Mais l’imaginaire collectif a aussi tendance à présenter les ménages dépendants de la voiture comme en partie responsables de leur situation. Ils auraient choisi l’éloignement, la mise à l’écart volontaire de la vie des centres-villes pour vivre dans une maison individuelle, qui leur serait plus accessible financièrement. Ce serait trop rapidement oublier d’autres responsabilités : les politiques d’urbanisme, de logement et d’aménagement. Finalement, pourquoi sommes-nous si dépendants du pétrole ?

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Dans les années 1940, Le Corbusier et d’autres urbanistes établissent la charte de Rome, qui prône un urbanisme fonctionnel, avec une séparation des fonctions de la ville desservies entre elles par des voies routières rapides. Ils défendaient aussi une forme de densité pour limiter les distances à parcourir entre les lieux. La ville n’était pas vue comme un espace de citoyenneté et de rencontre, mais comme une machine qui devait fonctionner sans obstacle. Ce schéma a servi de modèle pour l’essentiel de la construction en France depuis les années 1950 et est toujours d’actualité. Une évolution s’est pourtant opérée au milieu des années 1960, avec l’envie de répondre aux aspirations des Français pour la maison individuelle. Le modèle de séparation des fonctions a alors été couplé au modèle de la maison individuelle, mettant fin aux exigences de densité.

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Source:

www.lemonde.fr

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