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«C’est triste de voir ma maison dans cet état»: au Liban, le retour des habitants après le cessez-le-feu

Au premier jour de la trêve vendredi, des milliers de voitures ont pris la route du sud du Liban. Les déplacés des villes et villages qui avaient fui les ordres d’évacuation de l’armée israélienne retournent chez eux malgré les appels des autorités à ne pas le faire compte tenu du danger. À Beyrouth, les habitants du sud et de la banlieue sud reviennent également massivement chez eux, au moins pour constater les dégâts. Les habitants ont découvert des paysages dévastés par les combats et les bombardements.

Publié le : 18/04/2026 – 07:49


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Parmi des milliers d’autres voyageurs, le retour au pays comble de joie ce couple en route pour le village de Kharayeb, théâtre de bombardements intenses jusqu’à ces derniers jours. « Dieu merci, on est heureux bien sûr ! C’est une victoire, même si on sait que notre maison de trois étages s’est effondrée. C’est quand même une fierté », explique cet homme au micro de nos envoyés spéciaux dans le sud du Liban, Aabla Jounaidi et Jad el-Khoury. « Oui, on revient la tête haute. Et on a peur de personne, même si Israël nous bombarde, car nous avons nos héros qui sont sur le front partout et nous sommes fiers d’eux », ajoute sa femme.

Sur la route, Nabatiyé et ses rues et immeubles défoncés est méconnaissable. Nour est venu constater les dégâts : « C’est triste de voir ma maison dans cet état. Les portes et les vitres ont explosé. Mais c’est bon de revenir. J’aimerais que ce ne soit pas seulement temporaire. Que Dieu apaise nos cœurs. » 

Dans le centre-ville, les équipes de la boulangerie Hassan sont aussi de retour : « On a vu bien pire. Maintenant, on va nettoyer. Je suis obligé de réparer la porte moi-même. Et demain, on ouvre si Dieu le veut. »

Des personnes déplacées rentrent chez elles en empruntant le pont reliant le sud du Liban au reste du pays après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël, à Qasmiyeh, au Liban, le 17 avril 2026. © Louisa Gouliamaki / Reuters

À Beyrouth, les habitants également de retour 

Dans la banlieue sud de Beyrouth, c’est la même scène. Les immeubles éventrés se succèdent. Certains commencent déjà à déblayer. Dans les ruines, les souvenirs d’une vie des habitants, comme Hassan Dib, déplacé de la banlieue sud. « J’ai perdu ma maison et tous mes meubles. Mais le plus important, c’est notre dignité. Quand le Hezbollah dira que l’on peut rentrer, on rentrera. C’est pour ça que les gens sont encore peu nombreux à revenir », estime-t-il au micro de notre correspondant à Beyrouth, Sophie Guignon.

Ali Mrad est tout juste arrivé de Tripoli, la grande ville du nord du Liban où il était hébergé chez des proches pendant la guerre : « Je suis venu voir l’état de ma maison, voir si elle est encore debout ou pas. La situation maintenant est bonne. Grâce à Dieu, nous pouvons rentrer chez nous. Je ne peux pas décrire mon sentiment. C’est comme sortir d’une très grave crise. »

Mais la prudence reste de mise pour Zahra Chehadé, déplacée de la banlieue sud. « On est en train de revenir chez nous mais je m’attends à ce que les Israéliens rompent la trêve et bombardent. Je ne me sens pas en sécurité. Mais les gens ont besoin de rentrer chez eux. La pierre, ça peut se reconstruire. Le plus important, c’est qu’Israël n’occupe pas le Liban », déclare-t-elle.

C’est la crainte des Libanais alors que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé que son armée ne quittera pas le sud du Liban durant cette trêve. Après 46 jours de guerre, le retour a le goût du pain chaud pour de nombreux déplacés. Mais les dégâts sont immenses, physiques comme humains. 

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Source:

www.rfi.fr

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